Actualité >

Gouvernance du sport français

Pour une ‘‘gouvernance partagée à responsabilités réparties'', le schéma de la nouvelle organisation du sport français né d'une démarche de coconstruction entre l'État, les collectivités territoriales, le mouvement sportif et le monde économique veut transformer une organisation datée des années 1960.

Pour en savoir plus, 3 témoignages :







"L'État doit être présent au départ" - Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF)






« Cette rénovation est une nécessité pour le sport français, et par voie de conséquence le mouvement sportif qui l'anime. C'est le challenge le plus important qu'il nous ait été donné depuis des décennies.

Un certain nombre d'orientations ont fait l'objet d'un large consensus entre les différents acteurs et constitueront l'architecture du nouveau modèle sportif français. Il s'agit de créer un modèle à gouvernance partagée et à responsabilités réparties. Cela signifie qu'aucun acteur ne peut imposer son point de vue aux autres.

Beaucoup de questions se posent ou seront à poser. Tout ne trouvera pas solution de manière immédiate mais probablement de façon progressive, avec des priorités à établir en fonction des échéances. Le consensus trouvé autour du schéma me semble constitutif d'une volonté des quatre acteurs d'avancer, ensemble et unis.

Le nœud du problème se situera au niveau du financement. La nature de la structure faîtière devra considérer les apports des différents acteurs sous toutes leurs formes. mmmmm
Les collectivités territoriales engagent près de 13 milliards d'euros et c'est à un montant identique que l'on aboutit quand on évalue les apports en industrie du mouvement sportif, ne serait-ce qu'à travers le bénévolat estimé à 5 milliards. Nous sommes certes dans un contexte économique tendu. Mais l'État doit comprendre qu'il reçoit beaucoup plus du sport qu'il ne lui donne et que diminuer son engagement reviendrait à un très mauvais calcul économique et sociétal.

Il faut qu'il assure une garantie de financement pour permettre aux autres acteurs de s'organiser différemment d'aujourd'hui et ensemble d'être plus performants, assurer l'impulsion sachant que ces moyens constituent vraiment un investissement à court, moyen et long termes.

Les quelques millions investis au service de la politique sportive se traduiront au profit de l'État par davantage de TVA, de charges sur les emplois et autres économies sur la santé. L'erreur ne doit pas être de considérer le sport comme une charge, il faut l'analyser dans son utilité sociale et pas seulement qu'avec ce qui brille. »







"Nous devons penser mutualisation, complémentarité, coopération, efficience" - Laura Flessel, ministre des sports







« Je n'imagine pas une politique efficace qui ne soit pas partenariale. La gouvernance du sport n'a pas évolué depuis près de soixante ans.

À cette époque, les collectivités n'avaient ni le pouvoir ni l'expertise qu'elles ont aujourd'hui. Les régions n'existaient d'ailleurs pas.

Aujourd'hui, les collectivités sont les principaux financeurs du sport et les régions gèrent les Creps. Il y a soixante ans, le mouvement sportif n'était pas professionnalisé comme aujourd'hui. Et l'imbrication du sport et de l'économie n'était pas la même.
Quant à la présence des acteurs privés, elle était marginale.mmmmm
Bref, c'est comme si nous travaillions avec un fax à l'heure où l'on parle d'intelligence artificielle. Il est temps de mettre fin à cet anachronisme.

L'organisation du sport français est à bout de souffle, tant sur la pratique que sur la haute performance. Si nous voulons plus de médailles et plus de licenciés, il nous faut nous moderniser.
Ce qui signifie d'arrêter de réfléchir en silo et d'agir en tuyau d'orgue. Nous devons penser mutualisation, complémentarité, coopération, efficience. Des premiers travaux, il s'est dégagé la volonté d'une gouvernance partagée. C'est une chance historique à saisir pour faire avancer le sport français. »








"Le rôle des collectivités enfin reconnu" - Jean-Paul Omeyer, président de la commission sport à l'Assemblée des régions de France (ARF)







« À travers ce schéma de gouvernance, le rôle des collectivités est enfin reconnu. Celles-ci seront parties prenantes dans les circuits de décision, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Il est évident que les habitudes vont changer mais le monde a tellement évolué depuis les années 1960. Ne serait-ce qu'au niveau de l'explosion du sport-loisir que mouvement sportif comme collectivités n'ont pas su appréhender ni en saisir les enjeux.

Et aujourd'hui, l'on parle de sport-santé, de sport en entreprise, de parcours urbains et même d'e-sport. Il faut intégrer ces nouvelles donnes. Et la structure nationale a vocation à être une instance de réflexion et de prospective. Mais elle ne pourra réussir sa mission qu'à la condition que l'on remette sur la table la question du financement du sport. mmmmm
Dans les réflexions que nous conduisons, il s'agit de dire par exemple que les sports très médiatisés ne relèveraient plus de la sphère publique à partir d'un certain budget (8 ou 10 millions d'euros?), mais de la sphère économique. À condition toutefois que l'entreprise en question s'y retrouve, ce qui sous-entend de revoir la fiscalité.

Du coup, l'argent public serait recentré vers les missions liées à la représentation de la France à l'étranger (équipes olympiques, parcours de performances fédéraux...) et du développement des pratiques.

C'est une autre vision dans laquelle l'argent public ne pourra plus à lui seul financer tout le sport ».


Source : Acteurs du sport



Moteur de Recherche