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Rama Yade présente les nouveaux défis du modèle sportif français

Le 07/10/2009

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président du Comité national olympique et sportif français,
Monsieur le Prince héritier,
Président du Comité national olympique du Bhoutan,
Messieurs les Présidents de fédérations,
Chers amis,


Nous som­mes donc réu­nis cet après-midi autour d'une pas­sion, « vieille de deux mille ans, qui aujourd'hui comme jadis, agite le cœur des hom­mes », je veux dire celle du sport. Cette même pas­sion qui ani­mait le baron de Coubertin lorsqu'il accom­plit, ici même à la Sorbonne, le 23 juin 1894, son œuvre de renais­sance de l'idéal olym­pi­que. Cet idéal, avec une intui­tion révo­lu­tion­naire, Coubertin vou­lut lui don­ner corps dans le tem­ple de l'esprit, la Sorbonne. Non sans mérite : regar­dez bien der­rière moi la magni­fi­que com­po­si­tion que peint Puvis de Chavannes en 1889 : dans cette allé­go­rie des savoirs et des ver­tus, c'est en vain que vous recher­che­rez celle qui illus­tre le sport.
Où en som­mes-nous aujourd'hui ? Certes, le sport est popu­laire, et les spor­tifs par­fois adu­lés : sont-ils pour autant consi­dé­rés ? Je ne suis pas sûre et le déplore. Lors de mon arri­vée au Ministère des Sports, il s'en est trouvé des esprits égarés pour par­ler de relé­ga­tion ou de puni­tion et ainsi igno­rer la fierté que j'ai res­senti à suc­cé­der à Maurice Herzog. Je suis sûre d'ailleurs que les jour­na­lis­tes spor­tifs qui sont dans cette salle doi­vent res­sen­tir, dans les dîners en ville, cette condes­cen­dance de leurs col­lè­gues, jour­na­lis­tes poli­ti­ques ou société. On s'est même étonné que je vienne pas du milieu spor­tif : mais Mme Buffet, M. Mazeaud, Mme Alliot-Marie non plus et ils ont laissé une très belle trace. Et le sport doit être un sujet poli­ti­que et de société comme un autre, et donc ouvert à tous les pro­fils, y com­pris les plus poli­ti­ques. Il n'y a pas de rai­son ! Il fal­lait donc reve­nir à la source, ici à la Sorbonne, dans la lignée de Pierre Coubertin pour redon­ner au sport sa place dans le tem­ple de la culture fran­çaise. En espé­rant que les gar­diens du tem­ple n'y voient ni effrac­tion ni pro­vo­ca­tion !
Tant pis pour cette vieille émission de télé qu'on appe­lait « La tête et les jam­bes » ! Comme si un écrivain n'avait pas de corps et un spor­tif n'avait pas de cer­veau. Ah, tra­di­tion quand tu nous tiens ! Car, si en France, le corps et l'esprit n'ont jamais fait bon ménage, c'est la faute à la reli­gion, pen­sait Mauriac qui for­mu­lait : « l'Eglise ne fait pas sa part à la chair. Elle la sup­prime ».
Peut-être même est-ce aussi la faute de quel­ques-unes de nos élites intel­lec­tuel­les qui se méfient du sport comme pas­sion popu­laire. Peut-être même que les der­niers repré­sen­tants de cette école res­sen­tent-ils un peu de jalou­sie à l'égard de ces Zidane, Noah, qui après avoir obtenu la reconnais­sance de l'argent et celle des médias, sont deve­nus les per­son­na­li­tés pré­fé­rées des Français, avant les poli­ti­ques et avant les hom­mes de let­tres.
Des excep­tions tou­te­fois ont tenté de ren­ver­ser la ten­dance. Mais pour un Camus, un Morand, un Cocteau, com­bien d'esprits étriqués ! Au-delà des plai­sirs prous­tiens et des sou­ve­nirs de jeu­nesse, de grands esprits ont su sai­sir l'esthé­tisme du sport et com­pren­dre qu'il a sou­vent une enco­lure d'avance sur la société : Hemingway, Steinbeck, Godard, Camus, Marguerite Duras, Rainer Maria Rilke, Woody Allen.
Eux, ont com­pris la dimen­sion esthé­ti­que du sport. Eux, ils ont com­pris qu'il n'y a aucun film, aucune pièce de théâ­tre où une car­rière se joue en 5 ou 10 secondes, sur un pénalty, une expul­sion ou sur la main de Dieu. Eux, ont com­pris que, dans le sport, la sou­plesse d'adap­ta­tion, l'inven­tion des ges­tes, le carac­tère fou­droyant de cer­tai­nes actions appar­tien­nent à un état d'intel­li­gence supé­rieur.
Eux, se rap­pel­lent que Micheline Ostermayer gagnait des médailles et jouait du Chopin ! Eux, se rap­pel­lent que, quand Marcel Bernard a gagné Roland-Garros, il tra­vaillait au Quai d'Orsay !
Eux, ont com­pris que le sport est quel­que chose d'aussi esti­ma­ble que la lit­té­ra­ture ou la musi­que.
Eux, ont com­pris le rôle éducatif, le vec­teur de lien social et la dimen­sion poli­ti­que du phé­no­mène.
Eux, ont com­pris que nous aurions bien tort de ne pas sai­sir cette réfé­rence comme un symp­tôme de nos socié­tés et une forme d'aver­tis­se­ment.
Avertissement quand le pays vibre à la France black-blanc-beur, que le monde poli­ti­que mono­co­lore n'avait, avant 1998, pas voulu voir alors que la société fran­çaise disait sa soif de diver­sité. Avertissement quand en 1938 le boxeur afro-amé­ri­cain Joe Louis devient cham­pion du monde face à l'Allemand Max Schleming mais doit, au moment de la seconde guerre mon­diale, ser­vir dans une unité uni­que­ment com­po­sée de noirs. Avertissement quand loin, là-bas, en Iran, face à la répres­sion, ces Iraniens qui n'ont rien trouvé de mieux qu'un ter­rain de foot pour crier « Résistance ! ».

Poisson-pilote de la société vous dit-on ! Locomotive de la démo­cra­tie, aussi, comme le dit si bien Pascal Boniface. Le fils de Zidane fera une grande car­rière s'il est bon. Pas parce qu'il s'appelle Zidane. Dans le reste de la société, ça ne mar­che pas for­cé­ment comme ça : le nom peut suf­fire. Et la géo­po­li­ti­que, elle aussi, qui ne sait plus où don­ner de la tête tant sur les pis­tes d'ath­lé­tisme, au rythme des records de leurs cham­pions, ce sont des noms de pays mar­gi­na­li­sés à l'ONU qui tien­nent le haut de l'affi­che : Saint-Kitts et Nevi, Bahamas, Jamaïque, Kenya, Ethiopie. « L'égalité devant le sport est vrai­ment la seule égalité » rap­pe­lait Jean Giraudoux. Niveleur de clas­ses et déri­va­tif de tous les ins­tincts mau­vais, disait Pierre Coubertin.

Et c'est parce qu'il éduque autant qu'il civi­lise, les élites cultu­rel­les fran­çai­ses ne peu­vent décem­ment plus se tenir à l'écart de ce phé­no­mène popu­laire. Ni fer­mer les yeux sur le pre­mier mou­ve­ment asso­cia­tif de Français, les 30 mil­liards annuels d'inves­tis­se­ments, les 16 mil­lions de licen­ciés à jour de coti­sa­tion qui feraient pâlir d'envie les Eglises, les par­tis poli­ti­ques et les syn­di­cats de France.

Il est temps de com­pren­dre que l'autre nom du Ministère des Sports est le Ministère de l'Education popu­laire. C'est pour cela que j'ai voulu ce film intro­duc­tif. Parce que pour savoir où nous allons, nous devons nous rap­pe­ler d'où nous venons. Parce que je vou­lais que nous res­sen­tions ensem­ble la fierté d'appar­te­nir à ce Ministère très répu­bli­cain qu'est le Ministère des sports, à tra­vers ceux qui l'ont fait, porté, grandi.

Alors, per­met­tez-moi de saluer mes pré­dé­ces­seurs, qui, depuis le Front popu­laire et Leo Lagrange, ont com­pris, qu'ils soient de droite ou de gau­che, qu'en entrant au Ministère des Sports, ils ne met­taient pas les pieds n'importe où et qu'en fait, ils met­taient un pied dans le sport et un autre dans l'éducation. Parce que, comme disait Jean-Luc Godard, le sport offre encore cette espé­rance…, l'espé­rance de la vérité. Le stade, lui, ne ment pas. Je serai fidèle à cet héri­tage. Je serai fidèle aux prin­ci­pes qui font l'iden­tité et l'ori­gi­na­lité pro­fonde de ce minis­tère :

Fidélité d'abord au par­te­na­riat his­to­ri­que qui unit les 4 acteurs du sport que sont l'Etat qui édicte les règles et sans lequel la moi­tié des fédé­ra­tions dis­pa­raî­trait car n'inté­res­sent pas le privé, le mou­ve­ment spor­tif qui appli­que, le sec­teur privé du mécé­nat-spon­so­ring qui a tou­jours existé dans le sport et les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les qui finan­cent les infra­struc­ture.

Fidélité ensuite à l'unité fédé­rale du sport, parce que la mutua­li­sa­tion des capa­ci­tés spor­ti­ves est néces­saire.

Mais, après trois mois à la tête de ce secré­ta­riat d'Etat, sans pré­somp­tion, avec l'humi­lité qui naît de ces 70 ans d'his­toire qui m'ont pré­cé­dée, et après plus de 500 entre­tiens, une ques­tion fon­da­men­tale revient sans cesse : en France, notre modèle spor­tif est-il encore via­ble ? Peut-il rele­ver à l'inter­na­tio­nal le défi d'une com­pé­ti­tion de plus en plus forte ?

Ce sont trois défis, celui de la muta­tion interne, celui de l'exem­pla­rité et celui de la com­pé­ti­ti­vité euro­péenne et mon­diale qu'ensem­ble, Etat, mou­ve­ment spor­tif, col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les, nous devons rele­ver.

I - Premier défi donc, la place de l'Etat dans le sport en France et la péren­nité de notre modèle spor­tif.

A. Redonner à l'Etat toute sa place

J'entends des gens mur­mu­rer, tou­jours bien sûr sous le cou­vert de la réflexion désin­té­res­sée, que l'Etat n'a plus sa place dans le sport : il fau­drait une Agence spé­cia­li­sée du haut niveau, confier le sport pro­fes­sion­nel aux entre­pri­ses et le sport pour tous aux col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les. Bref, le minis­tère des sports serait d'un autre âge. Et bien non !

Ce que je suis venue vous dire aujourd'hui, c'est que l'Etat fran­çais ne renon­cera pas au rôle qui est le sien vis-à-vis du sport.

Ce minis­tère est né d'une volonté poli­ti­que et s'ancre dans une tra­di­tion de l'Etat fran­çais.

Ce minis­tère, c'est le sym­bole de l'Etat régu­la­teur. Je tra­vaille d'ailleurs, comme je l'ai pro­posé au Premier minis­tre, à la rédac­tion d'un pro­jet de loi qui me per­met­tra d'affir­mer ce rôle.

Je veux également redire ici la com­plé­men­ta­rité du mou­ve­ment spor­tif et de l'Etat. C'est notre tra­di­tion, c'est notre modèle, c'est notre fierté.

Notre modèle, c'est l'équilibre entre le monde asso­cia­tif et l'Etat, garant de l'inté­rêt géné­ral.

C'est la volonté poli­ti­que de favo­ri­ser l'accès à la pra­ti­que spor­tive des plus modes­tes de nos conci­toyens.

C'est l'équilibre recher­ché entre les ter­ri­toi­res, ruraux ou urbains, qui souf­frent d'un man­que d'équipements spor­tifs.

C'est l'équilibre entre le sport pro­fes­sion­nel et le sport fédé­ral, qui garan­tit l'uni­cité du sport et sa soli­da­rité interne.

C'est la volonté poli­ti­que de sou­te­nir les asso­cia­tions et les mil­liers de béné­vo­les, admi­ra­bles, qui aident ceux dont le corps est affai­bli par un han­di­cap à retrou­ver confiance en eux-mêmes à tra­vers le sport.

C'est la volonté poli­ti­que de favo­ri­ser le sport fémi­nin.

B. Revaloriser l'admi­nis­tra­tion

Je veux m'adres­ser à vous, agents du minis­tère, vous qui êtes nom­breux dans cet amphi­théâ­tre, venus de l'admi­nis­tra­tion cen­trale et déconcen­trée. Je veux m'adres­ser à vous en confiance et avec res­pect. Depuis le 23 juin, depuis cent jours, j'ai mesuré à la fois votre enga­ge­ment, votre com­pé­tence et sou­vent vos inter­ro­ga­tions, sinon votre désar­roi. On n'arrive pas au minis­tère des sports par hasard ; c'est, pour pres­que cha­cun d'entre vous, un choix per­son­nel, de vie sou­vent ; vous n'êtes pas une admi­nis­tra­tion de ges­tion, vous êtes une admi­nis­tra­tion de pas­sion. De même, ai-je la convic­tion que vos métiers sont si spé­ci­fi­ques que je vois per­sonne d'autre les exer­cer à votre place.

Votre défi, mon défi, notre défi donc, c'est d'abord celui des res­sour­ces humai­nes ; ce qui fait l'incom­pa­ra­ble richesse du minis­tère chargé des sports, c'est votre qua­lité, votre dévoue­ment, votre sens de l'Etat au ser­vice d'une voca­tion.

Dans nos ser­vi­ces déconcen­trés, 70 à 80% des agents sont des cadres A. Je suis fière de diri­ger une admi­nis­tra­tion de pro­jet plus que de gui­chet, orien­tée davan­tage vers l'accom­pa­gne­ment des acteurs plus que la sim­ple pres­ta­tion de ser­vi­ces.

Au ser­vice des fédé­ra­tions spor­ti­ves, tant au niveau natio­nal qu'auprès de leurs échelons ter­ri­to­riaux, au sein des ligues et des comi­tés spor­tifs régio­naux et dépar­te­men­taux, le minis­tère met à dis­po­si­tion des cadres spor­tifs de grande valeur, experts de haut niveau, direc­teurs tech­ni­ques et entraî­neurs natio­naux, conseillers tech­ni­ques natio­naux ou régio­naux. Vous exer­cez un métier dif­fi­cile, en per­ma­nence jugés à l'aune des résul­tats spor­tifs au plus haut niveau dans vos dis­ci­pli­nes. Fonctionnaires nom­més par l'Etat pour conduire les poli­ti­ques spor­ti­ves natio­na­les et régio­na­les défi­nies sous la res­pon­sa­bi­lité des pré­si­dents de Fédérations et des ligues spor­ti­ves, vous incar­nez la sin­gu­la­rité du modèle spor­tif fran­çais, qui repose sur la coo­pé­ra­tion entre l'Etat et le mou­ve­ment spor­tif fédé­ral, délé­ga­taire d'une mis­sion de ser­vice public. Cela n'est pas sim­ple ; vous êtes par­fois tiraillés ; ce n'est pas une dou­ble loyauté que je vous demande d'assu­mer, mais une dou­ble intel­li­gence, au ser­vice de l'Etat et des fédé­ra­tions délé­ga­tai­res.

Je pense à cet égard indis­pen­sa­ble d'ouvrir sans tar­der le dos­sier des métiers et du sta­tut d'emploi des cadres tech­ni­ques, notam­ment des DTN. Pour réflé­chir à leurs mis­sions, à leur posi­tion­ne­ment, à l'élargissement du vivier des com­pé­ten­ces, à leur mode de recru­te­ment, de rému­né­ra­tion, d'évolution de car­rière et de reconver­sion. Il faut redon­ner sens et cohé­rence à notre sys­tème de délé­ga­tion, clé de voûte de notre sys­tème.

A ces corps pro­pres du minis­tère je veux asso­cier les per­son­nels admi­nis­tra­tifs et les per­son­nels ouvriers et de ser­vi­ces, rele­vant du minis­tère de l'Education natio­nale, dont la contri­bu­tion au ser­vice public du sport est essen­tielle. Je sais que leur conduite a été exem­plaire lors des récen­tes opé­ra­tions de restruc­tu­ra­tion de nos établissements.

Dès mon arri­vée, j'ai tenu à m'adres­ser à vous, par cour­riel, direc­te­ment. A ma grande sur­prise, beau­coup m'ont répondu, d'un sim­ple mot ami­cal par­fois, d'autres, plus lon­gue­ment. Chez beau­coup, j'ai aussi senti une inquié­tude sur la réforme de l'admi­nis­tra­tion ter­ri­to­riale, qui sera opé­ra­tion­nelle le 1er jan­vier 2010.

Croyez bien une chose cepen­dant : cette réforme ne signi­fie pas la dilu­tion, ou la dis­pa­ri­tion des objec­tifs de la poli­ti­que publi­que du sport, que ce soit au sein des nou­vel­les direc­tions régio­na­les ou des nou­vel­les direc­tions dépar­te­men­ta­les inter­mi­nis­té­riel­les. Ce film, je l'ai voulu parce que pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient. Grâce au film, nous savons d'où nous venons.

Vous avez aussi le droit de savoir ce que devien­dront vos mis­sions au sein des nou­vel­les direc­tions de cohé­sion sociale et quelle sera l'arti­cu­la­tion entre l'échelon dépar­te­men­tal et l'échelon régio­nal. Et, parce que la RGPP ne tou­che pas seu­le­ment à l'orga­ni­sa­tion mais impacte aussi les mis­sions (il faut bien que quelqu'un le dise), j'ai le devoir de vous appor­ter des répon­ses, tout comme de pré­ci­ser aux pré­fets le sens de vos mis­sions.

Ce que je veux vous dire, c'est qu'il y a de la place pour un ser­vice public des sports. Aux direc­tions dépar­te­men­ta­les, la proxi­mité avec les clubs, les équipements et les éducateurs mais également le lien avec les publics défa­vo­ri­sés, les pra­ti­ques émergentes et ris­quées, les sports de nature et tout ce qui relève de l'accom­pa­gne­ment des acteurs locaux et des ter­ri­toi­res au quo­ti­dien. Au niveau régio­nal, d'assu­rer le pilo­tage des poli­ti­ques de l'Etat, l'exper­tise, la mutua­li­sa­tion des moyens et des res­sour­ces et l'amé­na­ge­ment du ter­ri­toire à tra­vers les équipements. A l'admi­nis­tra­tion cen­trale, la défi­ni­tion de la poli­ti­que publi­que du sport, les moda­li­tés de sa mise en œuvre en tenant compte des dyna­mi­ques ter­ri­to­ria­les et des nou­vel­les maniè­res de tra­vailler. Je leur demande également de com­mu­ni­quer avec vous le plus pos­si­ble. Pour conti­nuer à faire pas­ser ce mes­sage, je me suis enga­gée, et j'ai déjà com­mencé à le faire, à aller à votre ren­contre cha­que fois que pos­si­ble lors­que je me déplace en région. Je m'adres­se­rai également aux pré­fets pour leur rap­pe­ler la pré­ser­va­tion des métiers et le main­tien des rela­tions pri­vi­lé­giées avec les acteurs spor­tifs locaux, per­son­nels d'ins­pec­tion et pro­fes­seurs de sport. Je me suis atta­chée à cet égard à une juste repré­sen­ta­tion de nos per­son­nels jeu­nesse et sports au niveau des pré­fi­gu­ra­teurs régio­naux en obte­nant que sur les 14 pré­fi­gu­ra­teurs dési­gnés 9 soient issus de notre admi­nis­tra­tion, dont le pré­fi­gu­ra­teur Ile de France. L'équité oui, la por­tion congrue, non. Enfin, pour éviter que les corps ne s'assè­chent, j'ai demandé à mon admi­nis­tra­tion d'étudier l'ouver­ture d'un concours d'ins­pec­teurs et de cas car je sou­haite confor­ter la place du sport dans les mis­sions et les com­pé­ten­ces dévo­lues aux nou­vel­les direc­tions inter­mi­nis­té­riel­les.
Je sou­haite par ailleurs au sein de notre admi­nis­tra­tion un dia­lo­gue social pro­fon­dé­ment renou­velé. J'ai un pro­fond res­pect pour les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les. C'est la rai­son pour laquelle j'ai voulu les ren­contrer très vite pour enten­dre leurs préoc­cu­pa­tions et le leur dire. Les déci­sions tom­bant d'en haut, sans infor­ma­tion ni concer­ta­tion, ce n'est pas ma méthode ni ma concep­tion de l'action publi­que. C'est pour­quoi j'ai demandé aux direc­teurs d'admi­nis­tra­tion cen­trale d'avoir sys­té­ma­ti­que­ment le réflexe, la culture de réu­nir les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les, les grou­pe­ments pro­fes­sion­nels cha­que fois qu'une nou­velle poli­ti­que, qu'une réforme sta­tu­taire ou autre seront mises en chan­tier. Je sou­haite une culture de la déci­sion, dans la concer­ta­tion, et sans le renon­ce­ment à ses convic­tions.

J'achè­ve­rai enfin la réor­ga­ni­sa­tion des ser­vi­ces et du réseau d'établissements du minis­tère, celle de nos Ecoles natio­na­les, en par­ti­cu­lier l'ENSA de Chamonix et le Centre natio­nal de Prémanon dans le Jura qui cons­ti­tue­ront un nou­vel établissement dédié au ski, à l'alpi­nisme et aux sports de mon­ta­gne, mais aussi le regrou­pe­ment de l'Ecole natio­nale d'équitation et son fleu­ron, le Cadre noir, avec les Haras natio­naux, qui auront été, préa­la­ble­ment, pro­fon­dé­ment restruc­tu­rés dans leurs mis­sions.

Quant aux CREPS, je sais que les per­son­nels s'inter­ro­gent sur la réforme en cours. Je vou­drais vous dire que la réforme, comme toute réforme, n'a d'inté­rêt que si elle a un sens, c'est-à-dire une direc­tion et une signi­fi­ca­tion ; elle doit également s'accom­pa­gner de péda­go­gie et de concer­ta­tion. Alors, je prends, comme vous le savez, le train en mar­che, et à quelle allure il va ! Ce qui a été fait est fait. Mais ce qui reste à faire, notam­ment concer­nant Dinard et Voiron, ne sera pas la fer­me­ture bru­tale. Ce ne peut non plus être le statu quo. J'ai donc pro­posé la recher­che d'une troi­sième voie ori­gi­nale en concer­ta­tion avec les agents et les régions de Rhône-Alpes et Bretagne, qui sont de gran­des régions spor­ti­ves. Et ce mot de CREPS, il fau­drait le gar­der et le décli­ner, comme l'un de nos agents me l'a pro­posé par mail, en « Campus de Recherche et d'Excellence en per­for­mance spor­tive ».

Voilà le sens des pre­miè­res démar­ches que j'ai entre­pri­ses pour que notre Ministère conti­nue à assu­mer sa mis­sion de ser­vice public du sport.

C. Réinventer l'inté­rêt géné­ral du sport La deuxième prio­rité que nous devons nous fixer, c'est celle de la place du sport dans notre société. Vaste et ambi­tieux chan­tier !!! Mais tel­le­ment essen­tiel !

Avec deux ambi­tions : assu­rer l'égalité des chan­ces pour tous et met­tre le sport au cœur de la Cité. Bref, met­tre le Ministère au ser­vice de l'inté­rêt géné­ral, puis­que ni les col­lec­ti­vi­tés, ni le mou­ve­ment spor­tif ni le sec­teur privé n'ont cette voca­tion.

Si l'Etat répu­bli­cain est le garant ultime de l'égalité des chan­ces sur l'ensem­ble du ter­ri­toire, il doit en effet également l'être en matière d'accès au sport. Or, beau­coup de Français n'ont pas accès au sport, soit parce qu'ils n'en n'ont pas les moyens, soit parce qu'ils se trou­vent sur un ter­ri­toire ou dans un quar­tier sans ins­tal­la­tions spor­ti­ves. C'est un déni répu­bli­cain. Je veille­rai à cet égard à ce que l'exclu­sion du sport des lois de décen­tra­li­sa­tion en 1983 ne se repro­duise pas lors­que s'ouvrira la réflexion sur la réforme des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les. J'ai écrit dès juillet au minis­tre de l'Intérieur, afin que les régions et les dépar­te­ments puis­sent conti­nuer à finan­cer le sport. Il m'a été répondu favo­ra­ble­ment.

Mais l'apport consi­dé­ra­ble des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les dans le domaine du sport ne doit pas nous faire oublier pour autant la mis­sion de notre minis­tère. Nous devons être le minis­tère du refus des fata­li­tés, du sou­tien aux popu­la­tions en dif­fi­cultés, de l'inves­tis­se­ment dans les ter­ri­toi­res fra­gi­li­sés.

C'est là la pre­mière de nos mis­sions, qui se concré­tise cette année avec plus de 200 mil­lions d'euros dépen­sés par le Centre natio­nal de déve­lop­pe­ment du sport (CNDS) afin d'aider plus de 40 000 asso­cia­tions spor­ti­ves et cons­truire ou réno­ver plus de 800 équipements spor­tifs. Le CNDS dont je viens de renou­ve­ler le conseil d'admi­nis­tra­tion et dont j'ai pré­cisé les mis­sions pour qu'elles soient cen­trées sur la poli­ti­que de la ville, le milieu rural, l'outre mer, la lutte contre les dis­cri­mi­na­tions, le han­di­cap, le sport fémi­nin. Je n'oublie pas non plus les moyens du CNDS puis­que, dans le cadre de la libé­ra­li­sa­tion des paris spor­tifs en ligne, je me suis bat­tue pour qu'une contri­bu­tion supé­rieure à ce qui était pré­vue soit actée pour finan­cer le sport ama­teur et le sport de masse.

Cette égalité des chan­ces, nous ten­tons d'abord de la réta­blir dans les quar­tiers popu­lai­res, en consa­crant 35 M€ en faveur des asso­cia­tions et des éducateurs qui y tra­vaillent, ainsi que pour les équipements qui y sont implan­tés. Nous cons­trui­sons et nous réno­vons des équipements spor­tifs à Villiers-le-Bel, à Montfermeil, à Firminy, dans le quar­tier Saint-Jacques à Perpignan, aux Tarterêts à Corbeil-Essonnes… Dans ces lieux emblé­ma­ti­ques du malaise des ban­lieues, le sport doit res­ter por­teur d'inté­gra­tion. Mais aussi d'excel­lence : je compte ainsi favo­ri­ser l'accès des jeu­nes des quar­tiers aux sports dont ils sont sou­vent absents comme le golf, l'équitation, l'escrime ou les sports de glace. Il n'y a pas de rai­son !

Mais n'oublions pas les zones rura­les. Ces ter­ri­toi­res délais­sés, je compte bien par­tir à leur reconquête. Je serai atten­tive aux muta­tions dif­fi­ci­les qu'elles vivent et je me por­te­rai garante du main­tien d'une offre spor­tive de qua­lité. Je pro­pose notam­ment de modi­fier les cri­tè­res d'attri­bu­tion des finan­ce­ments en matière d'équipements spor­tifs, aujourd'hui trop favo­ra­bles aux zones urbai­nes, afin que le CNDS puisse mieux pren­dre en compte les spé­ci­fi­ci­tés spor­ti­ves, socia­les, économiques et démo­gra­phi­ques des ter­ri­toi­res ruraux. En outre, je deman­de­rai pro­chai­ne­ment à un par­le­men­taire-séna­teur de mener une mis­sion sur le sport en milieu rural afin d'établir un diag­nos­tic com­plet et de me pro­po­ser de nou­vel­les pis­tes d'action concrè­tes.

Je pense aussi à nos com­pa­trio­tes d'Outre-mer. Nous consa­crons 14 M€ cha­que année au déve­lop­pe­ment du sport dans ces dépar­te­ments et ter­ri­toi­res. Les grè­ves des der­niers mois nous appel­lent à inten­si­fier notre effort. Je n'attends pas les conclu­sions qui seront tirées des Etats géné­raux de l'outre-mer. J'ai demandé au député-maire de Fort-de-France M. Serge LETCHIMY de faire un état des lieux des équipements outre mer pour me per­met­tre de sou­te­nir un plan de réno­va­tion dans ces dépar­te­ments qui sont de grands pour­voyeurs de médailles pour la France. Il en va de leur com­pé­ti­ti­vité dans un contexte régio­nal cari­béen de plus en plus concur­ren­tiel.

Mais notre ambi­tion ne doit pas s'arrê­ter là. Nous devons met­tre le sport au cœur même de la Cité.

Le sport donne par­fois l'impres­sion d'être omni­pré­sent dans notre société. Certains même s'en plai­gnent : trop de sport à la télé­vi­sion, à la radio, dans les jour­naux. Mais ce n'est que le sport-spec­ta­cle qui est valo­risé. Le sport, dans ses autres dimen­sions négligé. Qui parle en effet de sport lorsqu'on évoque l'éducation, la culture, le déve­lop­pe­ment dura­ble, l'amé­na­ge­ment du ter­ri­toire, l'économie, l'éthique, la créa­tion d'emplois… ?

Je pro­pose donc de met­tre le sport, et son minis­tère, au cœur de la Cité. Il faut oser s'extraire des rou­ti­nes tra­di­tion­nel­les, s'immis­cer dans des sujets qui habi­tuel­le­ment ne nous concer­nent pas, don­ner notre opi­nion sur des enjeux pour les­quels per­sonne ne sol­li­cite notre avis mais sur les­quels nous aurions pour­tant tant à dire.

Ce minis­tère conduit ainsi depuis plu­sieurs années une poli­ti­que exem­plaire en matière de han­di­cap – Jean-François [Lamour], tu en as été en grande par­tie à l'ori­gine. Les moyens mobi­li­sés sont impor­tants - 14 M€ cha­que année -, l'exper­tise indé­nia­ble, le réseau de par­te­nai­res de la société civile consi­dé­ra­ble. Ce tra­vail de pro­mo­tion et d'inté­gra­tion des per­son­nes han­di­ca­pées, je le conti­nue­rai bien évidemment. Mais je ferai aussi en sorte qu'il soit mieux inté­gré dans le champ géné­ral des poli­ti­ques inter­mi­nis­té­riel­les et qu'il soit reconnu pour ce qu'il est : une réfé­rence en matière de poli­ti­que publi­que.

De même, notre minis­tère doit jouer un rôle de pré­cur­seur, il doit aller au devant des ten­dan­ces qui trans­for­ment la société fran­çaise.

Ce tra­vail, il doit notam­ment le faire avec les nou­vel­les pra­ti­ques spor­ti­ves, les nou­veaux sports urbains, qui se déve­lop­pent dans nos vil­les… et qui sont par­fois à la fron­tière du sport et de la culture. Il faut donc accom­pa­gner leur déve­lop­pe­ment.

Le monde des sports urbains attend des Etats géné­raux pour abor­der tou­tes les ques­tions qui lui tien­nent à cœur. Ces Etats géné­raux, nous les ferons, avec tous ceux qui veu­lent y contri­buer. Et nous y trai­te­rons des ques­tions qui sont essen­tiel­les à la pra­ti­que de ces sports : l'accès aux équipements spor­tifs, le par­tage des espa­ces publics, la for­ma­tion des éducateurs…

Le sport ne doit pas vivre caché. Son minis­tère non plus. Il y gagnera en légi­ti­mité, il se ren­for­cera, et il résis­tera d'autant mieux aux bour­ras­ques qui accom­pa­gnent tou­jours les réfor­mes de l'Etat.

Mettre le sport au cœur de la Cité, c'est aussi faire du sport à l'école une prio­rité. Maurice Herzog le disait déjà il y a 50 ans lorsqu'il enga­gea ses pre­miè­res réfor­mes au Haut com­mis­sa­riat à la Jeunesse et aux sports : déve­lop­per l'éducation phy­si­que et spor­tive est le plus sûr moyen de chan­ger les men­ta­li­tés en France à l'égard du sport. Guy Drut a également fait de remar­qua­bles efforts en ce sens.

Mais pour beau­coup, l'EPS reste tou­jours consi­dé­rée au mieux comme un moment de loi­sir, au pire comme un « gâchis » du temps sco­laire.

Pourtant, si l'on regarde ce qui se fait de mieux en matière d'éducation, dans le monde ou en France, on s'aper­çoit qu'à Harvard on fait du sport, à Stanford on fait du sport, à Cambridge ou Oxford on fait du sport, à Polytechnique on fait du sport, à Sciences-Po on fait du sport…

Ces établissements ont en effet com­pris ce que pou­vait appor­ter à leurs élèves les qua­li­tés éducatives intrin­sè­ques au sport. Car l'éducation n'est pas une sim­ple accu­mu­la­tion de savoirs lit­té­rai­res ou scien­ti­fi­ques. L'éducation nour­rit des per­son­na­li­tés, elle inculque des valeurs de dis­ci­pline et d'entraide, elle apprend l'estime de soi, le goût de l'effort, la res­pon­sa­bi­lité.

Pourtant, assez étrangement, on refuse aux col­lè­ges de La Courneuve, de Roubaix ou de Marseille ce que l'on admire à Polytechnique ou Cambridge.

Le Président de la République ne s'y est d'ailleurs pas trompé lorsqu'il a sou­haité lors de ses vœux au monde spor­tif à l'INSEP, en jan­vier der­nier, l'ins­tau­ra­tion d'un mi-temps spor­tif dans les établissements sco­lai­res qui le sou­hai­te­raient.

Je suis convain­cue qu'il a rai­son. Nous ne chan­ge­rons cepen­dant pas le sys­tème avec un coup de baguette magi­que. L'expé­ri­men­ta­tion est la voie à sui­vre : sol­li­ci­tons plu­tôt les chefs d'établissement les plus volon­tai­res, ceux qui croient dans le sport comme outil péda­go­gi­que, et don­nons-leur les moyens de pro­po­ser plus d'heu­res de sport à tous leurs élèves dans le cadre d'un pro­jet éducatif inno­vant.

Mais je n'y arri­ve­rai pas toute seule. Les obs­ta­cles seront immen­ses. Sans vous, je ne pour­rai pas. Avec vous, je pour­rai peut-être.

II - Le second grand défi qu'il nous appar­tient de rele­ver est celui qui tou­che aux valeurs. C'est un défi d'exem­pla­rité.

Avec qua­tre prio­ri­tés : lut­ter contre la vio­lence, la traite des mineurs, les déri­ves du sport busi­ness et le déve­lop­pe­ment dura­ble.

A. Lutter contre la vio­lence. Il y a quel­ques jours, j'ai dû quit­ter pré­ci­pi­tam­ment Beyrouth, où j'assis­tais aux Jeux de la Francophonie, pour me ren­dre à Belgrade : Brice Taton, le sup­por­ter de Toulouse qui avait été sau­va­ge­ment agressé par plus d'une dizaine de voyous, venait de décé­der. Au même moment, notre cham­pion­nat est le théâ­tre d'actes d'inci­vi­li­tés, peut-être pas aussi gra­ves mais qui inquiè­tent.
J'ai donc pro­vo­qué ven­dredi der­nier une réu­nion d'urgence sur les faits de vio­lence dans le foot­ball et j'ai pris trois mesu­res immé­dia­tes :

la créa­tion d'une « cel­lule natio­nale de pré­ven­tion et de lutte contre la vio­lence » direc­te­ment rat­ta­chée au Directeur des sports, pour assu­rer les mis­sions de veille, d'alerte et de coor­di­na­tion natio­nale et être l'inter­lo­cu­teur spor­tif ins­ti­tu­tion­nel du minis­tère de l'inté­rieur comme du minis­tère de la jus­tice,

le ren­for­ce­ment mas­sif des actions de pré­ven­tion et de pro­mo­tion du res­pect sur le ter­rain que nous allons recen­ser pour cons­truire une stra­té­gie natio­nale de pro­mo­tion du res­pect sur laquelle nous concen­tre­rons les 2,6 mil­lions d'euros que nous affec­tons cha­que année

et enfin la réu­nion d'ici à la fin de l'année du 1er congrès natio­nal des asso­cia­tions de sup­por­ters pour enga­ger un dia­lo­gue entre sup­por­ters, ins­tan­ces spor­ti­ves et pou­voirs publics. Il est néces­saire de don­ner la parole aux sup­por­ters pour dépas­ser les oppo­si­tions sté­ri­les qui sont source de vio­lence et ne pas faire peser sur les vrais sup­por­ters le poids des com­por­te­ments de quel­ques grou­pes extré­mis­tes qui n'ont rien à voir avec le sport.

B. Lutter contre la traite des mineurs.

S'il y a bien un sujet sur lequel nous devons et pou­vons être exem­plai­res, c'est celui du recru­te­ment de mineurs étrangers, cette pra­ti­que que l'on appelle com­mu­né­ment la « traite des mineurs » et qui, il faut oser le dire, relève d'un véri­ta­ble escla­vage spor­tif.

Or, les mineurs ne sont pas des mar­chan­di­ses. Certains joueurs étrangers, notam­ment afri­cains, sont recru­tés, dès l'âge de 13 ans, dans des cen­tres de for­ma­tion euro­péens. Une très forte majo­rité d'entre eux ne devien­dra jamais pro­fes­sion­nel. Leur situa­tion peut alors deve­nir dra­ma­ti­que : on les retrouve en déshé­rence sur le ter­ri­toire natio­nal, déra­ci­nés, sans res­sour­ces, sans papiers. Ce trai­te­ment de jeu­nes gamins fra­gi­les est insup­por­ta­ble. Ce serait l'hon­neur de nos ins­ti­tu­tions d'enca­drer cette pra­ti­que.

Demain, le mon­dial 2010 se tient en Afrique du Sud. Cet événement majeur et sym­bo­li­que nous offre une oppor­tu­nité uni­que de tra­vailler plus étroitement avec la FIFA et les pays afri­cains pour que notre pays devienne un par­te­naire actif et déter­miné de la lutte contre ces pra­ti­ques, dans le res­pect de la conven­tion inter­na­tio­nale des droits de l'enfant. C'est une ques­tion d'éthique et d'hon­neur.

Comme c'est sou­vent le cas, la société civile, le monde spor­tif, ne nous ont pas atten­dus pour s'enga­ger dans de tel­les actions de soli­da­rité, et je pense à de très beaux pro­jets tels que l'aca­dé­mie Diambars de Bernard Lama ou encore le pro­jet Foot soli­daire de Jean-Claude Mbouvin. Ils nous mon­trent la voie. Nous devons les appuyer.

C'est pour­quoi je pro­pose la créa­tion d'un outil dédié, le « fonds spor­tif pour la pro­tec­tion inter­na­tio­nale de l'enfance », fonds public-privé auquel je suis prête à contri­buer à hau­teur de 2 mil­lions d'euros. Je m'enga­ge­rai per­son­nel­le­ment pour qu'il ras­sem­ble tous ceux qui sont prêts à s'impli­quer dans cette mis­sion, clubs, ligues, fédé­ra­tions, entre­pri­ses et même pour­quoi pas sup­por­ters pour que ce fonds soit opé­ra­tion­nel dès jan­vier pro­chain.

Ce sont ces prin­ci­pes qui gui­dent des ini­tia­ti­ves tel­les que les cen­tres « foot­ball for hope » pro­mus par la FIFA à l'occa­sion du pro­chain Mondial 2010 en Afrique du Sud, dont l'objec­tif est de favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment social au sein des com­mu­nau­tés et de ren­for­cer les orga­ni­sa­tions loca­les en leur four­nis­sant des infra­struc­tu­res essen­tiel­les. Voilà l'exem­ple que nous devons sui­vre, voilà la direc­tion que nous devons pren­dre.

C. Lutter contrer les déri­ves du sport busi­ness

On ne cons­truit rien de dura­ble sur la dette, l'argent fou. En par­ti­cu­lier dans le foot­ball. On s'est doté de règles mais pas les autres. Si on conti­nue comme ça, on peut faire cou­rir au foot­ball euro­péen un ris­que sys­té­mi­que, comme la crise ban­caire.

C'est pour­quoi j'appelle de mes vœux un sport euro­péen finan­ciè­re­ment sain et trans­pa­rent. Le mois der­nier, Michel Platini a annoncé que le comité exé­cu­tif de l'UEFA adop­tait à l'una­ni­mité le prin­cipe du « fair-play finan­cier », tan­dis que le cham­pion­nat anglais (la Premier League) annon­çait que ses clubs seraient désor­mais sou­mis à des règles comp­ta­bles plus stric­tes et à une limi­ta­tion du nom­bre de contrats. Désormais, avec le « fair-play finan­cier », les clubs ne doi­vent pas dépen­ser plus d'argent qu'ils n'en génè­rent.

On sait très bien que « l'argent mar­que des buts » et fausse les résul­tats spor­tifs : il y a un lien entre com­pé­ti­ti­vité spor­tive et com­pé­ti­ti­vité économique. Sans par­ler de notre foot­ball qui ne peut conti­nuer à subir plus long­temps le pillage orga­nisé de ses joueurs issus de nos cen­tres de for­ma­tion à la fran­çaise.

Je vou­drais por­ter cette idée à Bruxelles, pro­lon­ger l'idée de Bernard Laporte d'une spé­ci­fi­cité spor­tive, comme il y a une excep­tion cultu­relle.

A Nyon, le 1er sep­tem­bre, j'ai pro­mis à Michel Platini, pré­si­dent de l'UEFA, que la France conti­nue­rait de jouer un rôle moteur à ses côtés. J'entends tenir cette pro­messe :

en encou­ra­geant les ligues pro­fes­sion­nel­les à met­tre en place une « licence club », qui est un agré­ment donné par l'orga­ni­sa­teur d'une com­pé­ti­tion à un club, lui per­met­tant de par­ti­ci­per à la com­pé­ti­tion, s'il s'est qua­li­fié spor­ti­ve­ment et s'il répond aux condi­tions requi­ses pour la licence. Les cri­tè­res peu­vent être spor­tifs (nom­bre de joueurs sous contrat, suivi médi­cal, lutte anti­do­page, cen­tre de for­ma­tion…), finan­ciers ou avoir trait aux infra­struc­tu­res. Ces cri­tè­res sont un sésame, mais aussi un outil de tra­vail, qui per­met aux clubs de se struc­tu­rer et de déve­lop­per leur pro­jet.

en réflé­chis­sant à l'ins­tal­la­tion d'une agence de nota­tion, sorte d'auto­rité indé­pen­dante de régu­la­tion du sport, qui aurait pour objec­tif d'ins­tau­rer des nor­mes et indi­ca­teurs d'ana­lyse des clubs pour faci­li­ter les déci­sions d'inves­tis­se­ment dans le sport pro­fes­sion­nel. Rattachée au minis­tère, cette agence com­plè­te­rait la mis­sion essen­tielle des direc­tions natio­na­les de contrôle de ges­tion, dont je sou­haite conso­li­der le dis­po­si­tif au niveau légis­la­tif.

en sou­te­nant la pro­po­si­tion du séna­teur Humbert sur la mora­li­sa­tion et la trans­pa­rence de l'exer­cice de la pro­fes­sion d'agent spor­tif.

D. Favoriser un sport dura­ble Je sou­haite un sport dura­ble. Le déve­lop­pe­ment dura­ble n'est pas une varia­ble d'ajus­te­ment. Il doit deve­nir une préoc­cu­pa­tion par­ta­gée au plus haut niveau des ins­tan­ces spor­ti­ves. Je sou­haite favo­ri­ser cette prise de cons­cience, qui doit être relayée par les fédé­ra­tions. Je deman­de­rai aux fédé­ra­tions un rap­port sur leurs actions – sur l'aspect envi­ron­ne­men­tal (incluant le bilan car­bone) comme sur le volet « res­pon­sa­bi­lité sociale » du déve­lop­pe­ment dura­ble.

Dans un second temps, nous pour­rons réflé­chir à la mise en place d'un RSE (rap­port social et envi­ron­ne­men­tal), à l'ins­tar de ce qui est demandé aux entre­pri­ses cotées.

Nous devons aussi tra­vailler avec l'AFNOR à un label « HQE » spé­ci­fi­que au sport. Nous devons cons­truire le cor­pus nor­ma­tif et l'exper­tise d'évaluation qui nous man­quent.

Ces réflexions nour­ri­ront des Assises ver­tes du sport, que j'orga­ni­se­rai au pre­mier tri­mes­tre 2010.

III - Le der­nier défi à rele­ver est celui de la com­pé­ti­ti­vité de la France et de son modèle spor­tif.

Pour assu­rer le rayon­ne­ment inter­na­tio­nal de la France. Ou bien, comme aurait dit le Général de Gaulle, per­met­tre à la France de tenir son rang de grande nation spor­tive.

A. La France doit être conqué­rante.

Le rayon­ne­ment passe aussi par l'orga­ni­sa­tion de grands événements. Le « soft power » en sport, c'est ça aussi, cette exper­tise, cette capa­cité à être une terre d'accueil des grands événements spor­tifs de renom­mée inter­na­tio­nale. Les grands événements créent des grands moments de ras­sem­ble­ment et de cohé­sion natio­nale. Le Ministère des sports, c'est aussi quel­que­fois celui du bon­heur, de la France qui gagne, sur­tout en période de crise car le sport apporte des moments de joie. Tout le monde se sou­vient de la coupe du monde de foot­ball en 1998, ou de celle de rugby en 2007. C'est tou­jours pour le pays qui accueille un grand moment d'enthou­siasme popu­laire, que l'on gagne ou qu'on perde (c'est tou­jours mieux de gagner).

Nous vou­lons l'Euro de foot­ball 2016. Dès le 23 juin, je me suis bat­tue pour que l'Etat s'engage finan­ciè­re­ment d'une manière sub­stan­tielle pour cré­di­bi­li­ser la can­di­da­ture de la France. Le Président de la République et le Premier minis­tre ont per­mis cet effort, concré­tisé par un fonds de sou­tien de 150 M€ pour réno­ver, agran­dir, cons­truire les sta­des qui accueille­ront la com­pé­ti­tion.

Les rap­ports Seguin et Besson l'ont mon­tré : la stade est le prin­ci­pal levier de déve­lop­pe­ment des clubs pro­fes­sion­nels fran­çais. Aujourd'hui, lorsqu'un club fran­çais génère 1€ de chif­fre d'affai­res, un club ita­lien génère 1,2 € envi­ron, un club alle­mand ou espa­gnol 1,4 €, un club anglais 2,2 €. Le stade doit être un lieu de vie mais aussi un cen­tre de res­sour­ces, pour les clubs, pour le public.

Mais nous vou­lons davan­tage. Nous vou­lons de gran­des com­pé­ti­tions de hand­ball, de bas­ket et de vol­ley. D'escrime, de judo, de bad­min­ton, de hockey. Nous vou­lons des gran­des sal­les. Nous som­mes dému­nis : le POPB est la 21e salle d'Europe, le Palais des Sports de Pau la 155e. C'est pour­quoi, dans le sillage de la Commission Grands Stades – Euro 2016 qu'avait pré­si­dée Philippe Seguin, je sou­haite ins­tal­ler une Commission Grandes Salles, qui sera pré­si­dée par Daniel Costantini, que je salue. Elle ren­dra ses recom­man­da­tions en mars. La Commission établira ainsi des pas­se­rel­les entre les dif­fé­rents sports de salle, mais aussi avec la culture, avec le sport sco­laire, avec les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­ria­les.

Nous som­mes aussi can­di­dats à l'orga­ni­sa­tion des Jeux Olympiques d'hiver en 2018. Lorsque je me suis ren­due à Washington il y a quel­ques jours, j'ai plaidé la cause d'Annecy auprès des auto­ri­tés amé­ri­cai­nes, comme je l'ai fait à Beyrouth aux Jeux de la Francophonie. Partout, je plai­de­rai la can­di­da­ture d'Annecy, qui est aussi la can­di­da­ture de la France et des Français. Je la plai­de­rai bien­tôt à Vancouver. Même si ce sont nos spor­tifs qui doi­vent être sur le devant de la scène pour emme­ner l'équipe France. Je sais aussi que nous ne som­mes pas assez pré­sents dans les ins­tan­ces inter­na­tio­na­les du sport. Nous devons être plus pré­sents, plus offen­sifs. Plus sys­té­ma­ti­ques. Je sou­haite, dans une réflexion com­mune avec le CNOSF et les minis­tè­res concer­nés, met­tre en place un véri­ta­ble outil per­ma­nent de veille stra­té­gi­que. Nous devons tirer les leçons de l'échec de Paris 2012. Le rap­port que Philippe Augier a remis au pré­si­dent de la République recom­mande ainsi de pas­ser d'une stra­té­gie de puis­sance à une stra­té­gie d'influence.
Et tenons nos pro­mes­ses d'équipements : je m'attel­le­rai dans les semai­nes à venir à réu­nir l'ensem­ble des acteurs, qu'il s'agisse du pro­jet de pis­cine à Aubervilliers ou du vélo­drome de Saint–Quentin-en-Yvelines pour lequel il a été demandé à l'Etat 13 M€ pour bou­cler son finan­ce­ment. Je met­trai de même toute mon énergie à sou­te­nir le pres­tige et la com­pé­ti­ti­vité de Roland-Garros. Ces com­pé­ti­tions, nous ne vou­lons pas seu­le­ment les orga­ni­ser. Nous vou­lons les gagner. Je veux que nous soyons prêts pour les Jeux de Londres. Je veux que les clubs fran­çais soient en mesure de par­ti­ci­per régu­liè­re­ment aux demi-fina­les ou à la finale de la Ligue des Champions (ce qui ne leur est plus arrivé depuis la finale per­due par Monaco contre Porto en 2004), qu'en hand­ball nos clubs retrou­vent les som­mets euro­péens (la vic­toire de Montpellier en Ligue des Champions remonte à 2003), que nos clubs de bas­ket puis­sent aller au bout en Euroligue. Ce que l'Espagne réus­sit avec les sports col­lec­tifs, nous devons le réus­sir aussi.

C'est pour­quoi je vais confier à Raphaël Ibanez, que je salue aussi, une mis­sion sur la com­pé­ti­ti­vité des sports col­lec­tifs fran­çais. Le rap­port Besson s'était pen­ché sur l'envi­ron­ne­ment des clubs. La mis­sion Ibanez s'inté­res­sera à leur orga­ni­sa­tion : condi­tions de pré­pa­ra­tion, infra­struc­tu­res, logis­ti­que. Tout n'est pas seu­le­ment affaire de bud­get, les joueurs inter­na­tio­naux me le disent. J'attends de Raphaël Ibanez (98 sélec­tions en équipe de France de rugby, 34 fois capi­taine, 3 cou­pes du monde dis­pu­tées) une ana­lyse trans­ver­sale et des pré­co­ni­sa­tions sur la situa­tion des sports col­lec­tifs fran­çais, nour­rie par une veille inter­na­tio­nale du haut niveau, en lien avec les fédé­ra­tions concer­nées et l'INSEP.

Je n'oublie pas pour autant les prin­ci­pa­les pré­co­ni­sa­tions du rap­port Besson, que je sou­haite inté­grer dans mon pro­jet de loi Sport et qui doi­vent elles aussi contri­buer à accroî­tre la com­pé­ti­ti­vité du sport pro­fes­sion­nel fran­çais :

ali­gner le régime des socié­tés spor­ti­ves sur le droit com­mun des socié­tés com­mer­cia­les

accor­der à la société spor­tive la capa­cité d'ins­crire direc­te­ment l'équipe pro­fes­sion­nelle aux com­pé­ti­tions aux­quel­les elle par­ti­cipe

assou­plir le régime des prêts aux socié­tés spor­ti­ves.

La France conqué­rante, c'est aussi, bien sûr la France des médailles et des podiums. La France est tou­jours une grande nation spor­tive. Quelle que soit la méthode de cal­cul, notre pays est régu­liè­re­ment classé dans les 5 ou 6 meilleu­res nations du monde.

Mais l'esprit de conquête sup­pose de ne pas bais­ser la garde.

B. Notre sys­tème doit désor­mais évoluer, tenir compte des avan­cées de la concur­rence, s'ins­pi­rer des bon­nes pra­ti­ques obser­vées à l'étranger, tout en capi­ta­li­sant sur nos qua­li­tés et expé­rien­ces.

Nous devons également mieux asso­cier les entre­pri­ses aux actions des pou­voirs publics et du mou­ve­ment spor­tif. Les entre­pri­ses appor­tent au sport non seu­le­ment des finan­ce­ments mais aussi des com­pé­ten­ces et une culture d'effi­ca­cité. Le rap­pro­che­ment de leur savoir-faire et de l'enthou­siasme des béné­vo­les sur les­quels repose sou­vent l'orga­ni­sa­tion spor­tive peut faire beau­coup pour la com­pé­ti­ti­vité du sport.

Dans les semai­nes et les mois qui vien­nent, je pro­cè­de­rai à une large concer­ta­tion sur cette ques­tion cru­ciale. Mon objec­tif est de dis­po­ser de pro­po­si­tions nou­vel­les au plus tard au tout début de l'année pro­chaine.

Un de nos atouts majeurs, c'est l'INSEP, outil incom­pa­ra­ble, dédié à l'excel­lence spor­tive et au sport de haut niveau. L'INSEP par son his­toire, sa culture, ses struc­tu­res et ses res­sour­ces humai­nes a voca­tion à être le fer de lance, la pointe de dia­mant d'une poli­ti­que du haut niveau réno­vée et ambi­tieuse. Je sou­haite que cet établissement rénové dans ses murs, dans sa struc­ture, dans son orga­ni­sa­tion, se rap­pro­che de sa phi­lo­so­phie d'ori­gine. Il se consa­crera en prio­rité au sport de haut niveau et cons­ti­tuera la tête de pont d'un réseau cons­ti­tué, notam­ment, des établissements publics natio­naux du minis­tère chargé des sports qu'il ani­mera.

L'INSEP rece­vra bien­tôt le sta­tut d'établissement public scien­ti­fi­que cultu­rel et pro­fes­sion­nel (EPSCP) dans la caté­go­rie des « grands établissements » au sens du code de l'éducation. Et un nou­veau nom sous un même acro­nyme : Institut natio­nal du sport, de l'exper­tise et de la per­for­mance (INSEP).

Je veux également insis­ter sur le pro­jet concer­nant « Les Parcours de l'Excellence Sportive »

Notre objec­tif est de :

• Faire évoluer le dis­po­si­tif d'émergence des talents, for­ma­tion et pré­pa­ra­tion des spor­tifs des équipes de France dans une pers­pec­tive d'amé­lio­ra­tion des per­for­man­ces indi­vi­duel­les et col­lec­ti­ves au plus haut niveau inter­na­tio­nal,

Replacer la per­for­mance au cen­tre du dis­po­si­tif et œuvrer pour que l'ensem­ble des acteurs soit mobi­lisé pour contri­buer à sa réus­site,

Capitaliser sur une orga­ni­sa­tion natio­nale uni­que au monde, dont le socle, au sein des fédé­ra­tions, est cons­ti­tué des clubs spor­tifs affi­liés,

Organiser une évaluation appuyée sur une exper­tise spor­tive plus opé­ra­tion­nelle,

Accompagner les fédé­ra­tions dans la concep­tion des gran­des lignes de leur pro­jet de per­for­mance,

Tenir compte et res­pec­ter les spé­ci­fi­ci­tés de cha­que sport,

Passer d'une poli­ti­que de moyens, de contrôle et de struc­tu­res, à une stra­té­gie de per­for­mance et d'objec­tifs,

Revisiter les prin­ci­pes et condi­tions de finan­ce­ment de l'ensem­ble du pro­jet au niveau natio­nal, et fédé­rer les par­te­nai­res finan­ciers poten­tiels autour de celui-ci,

Favoriser la décli­nai­son régio­nale voire locale des poli­ti­ques fédé­ra­les pour contri­buer, par­tout en France, à la lisi­bi­lité, au finan­ce­ment et à la réus­site des pro­jets.

D. Le sta­tut du spor­tif de haut niveau

La France veut des médailles, bien sûr. Mais je veux que ceux qui se bat­tent ainsi pour la gloire de notre pays soient mieux res­pec­tés par la nation, une fois que le par­fum de la gloire s'est dis­sipé. Il est néces­saire d'amé­lio­rer le sta­tut du spor­tif de haut niveau.

Les spor­tifs de haut niveau sont, en matière de retraite et de cou­ver­ture sociale, dans une situa­tion désa­van­ta­gée par rap­port au reste de la popu­la­tion. Il s'agit là d'une injus­tice que je veux répa­rer. En effet, pen­dant que la majo­rité de la popu­la­tion est en train de pré­pa­rer sa vie pro­fes­sion­nelle, les spor­tifs de haut niveau sont enga­gés dans une acti­vité qui néces­site de leur part une totale mobi­li­sa­tion qui ne s'accom­pa­gne pas, le plus sou­vent, de contre­par­ties finan­ciè­res impor­tan­tes.
Ainsi, sur les 7050 spor­tifs ins­crits sur la liste minis­té­rielle de haut niveau en jan­vier 2009, 2 500 spor­tifs de plus de dix-huit ans ne dis­po­saient pas de reve­nus leur per­met­tant d'être affi­liés à une caisse de retraite ou ne per­ce­vaient de reve­nus suf­fi­sants pour vali­der qua­tre tri­mes­tres de coti­sa­tion par an.
Ainsi, au cours de la der­nière olym­piade (2004-2008), moins de 200 spor­tifs ont pu coti­ser par ce moyen à la Caisse natio­nale d'assu­rance vieillesse.
Aussi, je sou­hai­te­rais ren­for­cer la pro­tec­tion sociale des spor­tifs de haut niveau en leur per­met­tant notam­ment de vali­der qua­tre tri­mes­tres de droits à retraite par an, au moyen de leur affi­lia­tion à l'assu­rance vieillesse du régime géné­ral et du ver­se­ment de coti­sa­tions for­fai­tai­res par l'État.
J'ai demandé qu'on évalue le coût d'une telle mesure. J'ai déjà reçu les repré­sen­tants de la Commission des Athlètes de Haut Niveau du CNOSF pour débat­tre de ce sujet et leur pro­po­ser de col­la­bo­rer à ce pro­jet ambi­tieux auquel j'atta­che une impor­tance par­ti­cu­lière.
Voilà. Je n'ai pas tout dit tant il y a de chan­tiers en cours. Mais je pense que votre patience a des limi­tes. Je ferai de mon mieux, avec humi­lité et sans pré­somp­tion mais avec la ferme convic­tion que le Ministère des sports, minis­tère très répu­bli­cain et à visée éducative, peut rele­ver les défis aux­quels est confronté le sport fran­çais. Bien sûr, je n'ai pas la pré­ten­tion de le faire seule. Votre sou­tien et votre coo­pé­ra­tion seront déci­sifs.


Source : www.sports.gouv.fr



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