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Budget du ministère chargés de la jeunesse, des sports et de la vie associative pour 2011 : Encore des réactions

Le 03/11/2010

Le CNDS, véritable tirelire du sport français !


Le Centre national pour le développement du sport (CNDS) s'impose année après année comme la pompe à finances d'un mouvement sportif souvent sacrifié au moment des arbitrages budgétaires, au point de devoir renoncer, selon certains, à sa mission première qui est de soutenir le sport de masse.
En présentant un budget 2011 des sports en net recul, la ministre Roselyne Bachelot a ainsi annoncé ce que nombre d'acteurs du sport français redoutaient: le CNDS participera à hauteur de 150 millions d'euros sur quatre ans à la construction des grands stades en vue de l'Euro 2016, soit environ 15% de son enveloppe (environ 220 M? en 2010) mais une goutte d'eau au regard des 1,7 milliards nécessaires pour les stades.
Devant le tollé provoqué par cette ponction, le gouvernement a consenti un geste: un amendement au projet de finances devrait spécifier que la part de la taxe perçue par Bercy sur les jeux en dur (en boutiques) de la Française des Jeux et reversée au CNDS devrait passer de 1,8 à 2,1%, ce qui devrait rapporter au fonds spécial 120 millions supplémentaires sur 5 ans.
"Qu'importe, cela ne change pas le fond du débat: ce n'est pas au CNDS de financer des équipements qui ne serviront qu'au sport professionnel", juge Valérie Fourneyron, députée PS, vice-présidente du groupe socialiste chargée de la jeunesse et des sports.
Au débat philosophique sur la mission première du fonds, le CNOSF, qui a fortement oeuvré pour l'amendement, préfère le pragmatisme. "L'Euro est un événement qui va rapporter de l'argent à l'Etat, via la TVA, les charges sociales. Il parait logique que l'Etat le supporte en tant qu'investissement", estime Denis Masseglia, président du CNOSF et membre du conseil d'administration du CNDS qui se réunit jeudi.
Car le CNDS, créé en 2006, a pour vocation de "développer la pratique sportive pour tous les publics", avec un accent sur les jeunes, les habitants des quartiers populaires, les handicapés, les femmes, et de "contribuer à l'aménagement du territoire"... A destination de ces mêmes publics pensent certains, et non de sportifs professionnels.
Ainsi, les organisateurs des Mondiaux d'escrime qui se tiendront à Paris, au Grand Palais, en novembre, ont bénéficié de son aide pour aménager le monument pour les handicapés qui disputeront leurs Championnats du monde parallèlement. De même, chaque piscine communale ou stade des petits villages de France "ne pourrait voir le jour", selon Valérie Fourneyron, sans cette institution qui, pour la première fois en 2011, verra sa dotation (247 M?) supérieure aux crédits budgétaires alloués au sport par l'Etat (208).
Outre la taxe sur les jeux en dur de la Française des Jeux, les sources de financement du CNDS restent précaires: au titre de la taxe Buffet, il perçoit 5% des droits TV du championnat de France. Or ces droits, actuellement de 668 M?, ne sont pas assurés de perdurer après 2012 avec l'incertitude créée par le retrait d'Orange.
De même, la taxe sur les mises des paris en ligne (1,5% des sommes jouées sur internet) est estimée à 33 millions d'euros en 2011 alors que le marché des jeux d'argent sur le web s'essouffle six mois à peine après son ouverture. "Asseoir le financement du sport sur une conduite addictive, c'est un peu spécial", s'était étonnée l'ex-ministre communiste des sports Marie-Georges Buffet le 19 octobre, lors de la présentation du budget par Mme Bachelot.


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Source : AFP



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