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Convention entre l'AMGVF et le CNOSF

Le 30/03/2011

Convention entre l'AMGVF et le CNOSF


Mardi 22 mars 2011 à la Maison du Sport Français, Denis MASSEGLIA, président du CNOSF, et Michel DESTOT, président de l'Association des Maires de grandes villes de France (AMGVF, villes de plus de 100.00 habitants) et député-maire de Grenoble, ont signé une convention de partenariat entre les deux organisations, en présence de Jean-Michel BRUN, vice-président du CNOSF, et de Valérie FOURNEYRON, vice-présidente de l'AMGVF en charge du sport et député-maire de Rouen, qui ont mené les travaux préparatoires.

Les collectivités locales sont les premiers financeurs publics du sport en France. Le mouvement sportif, et en premier lieu le CNOSF, a pleinement conscience de l'apport primordial des collectivités, en particulier des grandes villes et intercommunalités, pour le développement du sport en France. Cette prise en considération s'est traduite successivement par la signature de conventions avec l'Association des Maires de France (AMF), l'Association des Régions de France (ARF), l'Assemblée des Départements de France (ADF). La convention signée le 22 mars avec l'AMGVF, dont les membres couvrent 60% de la population française, constitue un levier associant le mouvement sportif français et les collectivités territoriales.

Denis MASSEGLIA : « Les collectivités sont au cœur des pratiques »

Pour Denis MASSEGLIA, « cette convention montre tout l'intérêt que le CNOSF et le mouvement sportif peuvent témoigner aux collectivités territoriales pour l'action qui est la leur. Les collectivités sont au cœur des pratiques et font en sorte qu'il y ait les équipements, l'encadrement, le soutien aux clubs nécessaires à la pratique. On ne peut que se louer de l'implication qui a été la leur alors que le sport n'était pas inscrit parmi les compétences offertes aux collectivités dans la loi de décentralisation de 1984. La réforme des collectivités territoriales a maintenu une compétence sport partagée qui va leur permettre de nous soutenir. J'espère que l'importance du sport et de son apport à la collectivité lui permettra de figurer parmi les objectifs prioritaires de l'ensemble des collectivités, et de l'Association des Maires de grandes villes de France en particulier. »

Une vision confortée par Michel DESTOT, qui rappelle : « les collectivités territoriales françaises concourent à près de 75% aux investissements publics civils de notre pays. Au sein de l'ensemble des territoires, les grandes villes, les grandes agglomérations, vont peser de plus en plus lourd dans l'organisation de la société ».

La convention signée entre le CNOSF et AMGVF « nous permet de fixer un peu mieux et un peu plus ce que l'on a l'habitude, chacun, de faire au quotidien », précise Denis MASSEGLIA. « Nous allons avoir besoin de travailler en totale synergie et cette convention propose des orientations générales pour la période à venir. Je dis toujours que le sport doit être un enjeu pour la France. Cette convention va permettre de trouver les moyens de répondre à ce défi. Le sport est déjà un enjeu économique et identitaire. Demain, il sera véritablement un enjeu sociétal. Il peut aider à répondre aux difficultés que la société française rencontre pour résoudre des questions compliquées de santé ou d'intégration de populations isolées. A travers un partenariat mieux établi, on se donne les moyens de mieux y parvenir ».

De fait, Michel DESTOT en convient : « nous avons un problème de délitement du lien social dans notre pays et on sait combien le sport, notamment, peut être un bon moyen de remettre du lien social ». Pour cela, les deux élus ont formulé le vœu d'une convention porteuse qui puisse être renouvelée à la satisfaction de chacun. « Il est important que ce partenariat soit gagnant pour tout le monde. On a un moteur commun : le sport, et tous les bienfaits qu'il apporte à la société et à l'individu », a ainsi estimé Denis MASSEGLIA.

Interview de J-M BRUN : « une démarche d'une extrême importance »


Jean-Michel BRUN, vice-président délégué Sport et Territoires du CNOSF, a été l'artisan, pour le CNOSF, de la convention signée ce mardi 22 mars avec l'Association des Maires de grandes villes de France (AMGVF). Il revient sur les motivations de cette convention et la relation entre le mouvement sportif et les collectivités territoriales.

« C'est une démarche d'une extrême importance pour plusieurs raisons.

La première, c'est qu'aujourd'hui le financement public du sport est réalisé à hauteur de 80% par les collectivités locales. Donc par voie de conséquence, c'est une réalité.

Le deuxième volet a trait à la réforme des collectivités territoriales qui, par la force des choses, restructure un certain nombre de dispositifs. Ce que nous appelons « la compétence sport partagée » doit pouvoir se concrétiser sur le terrain et, pour cela, il faut impérativement que nous ayons une réflexion conjointe au niveau national avec l'ensemble des associations nationales d'élus. L'objet d'une convention cadre telle que celle qui vient d'être signée permet en effet de fixer les grandes lignes d'une démarche pour laquelle nous allons devoir imaginer les déclinaisons dans les territoires demain.

Enfin le troisième niveau de réflexion, c'est donc qu'il y a plus que jamais nécessité de faire en sorte que nous ayons une réflexion conjointe avec les collectivités territoriales. Elles sont nos interlocuteurs au quotidien et apportent un concours permanent sur le terrain, tout à la fois pour l'ensemble de nos activités mais aussi pour l'ensemble de nos structures. A l'évidence, il nous faut aussi aujourd'hui savoir comment, ensemble, on peut mieux s'inscrire dans leurs propres schémas directeurs territoriaux. Comment peut-on mieux s'adosser à leur politique de développement ? Comment peut-on faire en sorte, en toute humilité, que la notion de co-construction puisse être une réalité et que l'apport, en particulier l'utilité sociale du sport et du mouvement sportif, puisse être effectivement davantage mis en exergue mais aussi en actions ?

Le dernier point, c'est qu'il est bien certain qu'aujourd'hui, si je me réfère au dernier texte de loi adopté en novembre 2010 sur la reforme des collectivités locales, il y a une nécessité à utiliser de nouveaux outils que sont en particulier les pôles métropolitains, qui sont des établissements publics. Les grandes villes de France auront en particulier une compétence, puisqu'elles peuvent dépasser dans leur configuration plus de 300 000 habitants et se verront attribuer une coordination des schémas de cohérence territoriale.

On comprend donc bien que le mouvement sportif ne peut pas rester à observer. Plus que jamais, il a le devoir et l'obligation d'agir et d'être au service des fédérations sportives qui sont les premiers acteurs sur le terrain. Le CNOSF est le représentant légal du mouvement sportif. Il a le devoir et l'obligation de faire en sorte de porter, d'initier et d'accompagner cette démarche de structuration, de trouver les nouvelles pistes qui nous sont indispensables, tant dans la réflexion que dans l'action. Il est bien certain qu'aujourd'hui, lorsque l'on voit, en particulier dans le domaine des équipements, les niveaux de concours financiers des grandes villes, nous comprenons aisément que nous avons à entretenir un espace de concertation permanent avec eux et à fertiliser notre réflexion et la démarche la plus pertinente mais aussi la plus efficiente pour l'avenir, dans l'intérêt bien compris du mouvement sportif.

Ce qui est clair aujourd'hui, quelque soit la configuration de l'espace de concertation qui sera créée dans l'avenir, c'est qu'il y a une nécessité impérieuse à ce que le mouvement sportif puisse être autour de la table avec l'ensemble des collectivités territoriales. Il n'y a pas d'autre solution que celle de trouver une certaine harmonie dans nos relations, une certaine efficacité dans nos actions et de faire en sorte que chacun, à sa place et dans son domaine de responsabilité, puisse être complémentaire et que l'on puisse surtout créer les synergies dont notre société a réellement besoin.

Je crois que le mouvement sportif français fait partie intégrante du tissu local. Il détient, avec ce bénévolat extraordinaire, une véritable richesse de femmes et d'hommes qui se donnent totalement pour remplir des missions. Au-delà de ce volet, les fédérations sportives se voient attribuer, dans le cadre de leur délégation, des missions de service public. A l'évidence, il faut qu'elles puissent bénéficier de la juste contrepartie nécessaire à leur accomplissement. »

Source : CNOSF



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