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Diabète : l'exercice physique remboursé par la Sécu ?

Le 04/05/2011

Des médecins américains estiment que le sport a une efficacité majeure pour contrôler cette maladie.

Les abonnements à une salle de gym ou à un club de sport seront-ils un jour remboursés au même titre qu'un médicament ? L'idée fait son chemin chez les médecins et les décideurs de santé, tandis que s'accumulent les preuves des bienfaits de l'exercice physique pour prévenir ou stabiliser des pathologies chroniques : maladies cardio-vasculaires, cancers ou diabète.

En Belgique, plusieurs mutuelles ont déjà franchi le pas, remboursant quelques dizaines d'euros sur l'inscription à un club sportif. Récemment, le ministre de la Santé britannique a fait savoir qu'il envisageait de lancer un système de chèques gym ou piscine pour inciter les sujets du royaume à changer leurs comportements. Aujourd'hui, ce sont des médecins américains qui montent au créneau dans le prestigieux Journal of the american medical association.
«Sachant les bénéfices de l'exercice physique en prévention du diabète, dans le contrôle du diabète de type 2, et plus généralement dans l'amélioration de la santé des adultes et des personnes âgées, il est temps de réfléchir à une prise en charge par les assurances de programmes structurés d'exercice physique», plaide le Pr Marco PAHOR (Institut du vieillissement, université de Floride).

Son éditorial accompagne un article consacré spécifiquement aux effets de l'activité physique sur l'équilibre du diabète de type 2 (non insulinodépendant). Beatriz SCHAAN (Porto Alegre, Brésil) et ses collègues ont revu toutes les études menées sur ce sujet depuis trente ans et en ont retenu 47, incluant au total plus de 8500 diabétiques. Toutes montrent un effet favorable des programmes d'exercice physique sur l'hémoglobine glyquée (HbA1c). Ce marqueur sanguin, qui reflète la glycémie des trois mois précédents, est normalement compris entre 4 à 6 % ; le taux est plus élevé chez les patients dont le diabète n'est pas bien contrôlé. Une activité sportive structurée permet une diminution de 0,51 à 0,73 % de l'hémoglobine glyquée, calculent les auteurs de l'étude du Jama. La baisse est maximale avec les sports d'endurance, qui correspondent à des efforts prolongés d'intensité modérée. Elle est plus modeste mais toujours significative lors d'activités en résistance (sports avec des efforts plus intenses et plus courts). Surtout, l'amélioration du contrôle glycémique est plus marquée chez les patients cumulant plus de 150 minutes d'activité par semaine.

Selon le Pr Marco TAHOR, les conclusions de cette revue de la littérature, et les études médico-économiques disponibles plaident pour une prise en charge des programmes d'activité physique par les organismes d'assurance. Reste à savoir pour quelles catégories de patients cette stratégie est la plus «rentable» : les personnes déjà diabétiques, celles à haut risque de le devenir ? Reste aussi à définir comment prescrire l'activité physique.

Pas de sport idéal
En France, toute la population est incitée à bouger régulièrement, dans le cadre du plan national nutrition santé, de manière très générale. Mais en dehors d'initiatives individuelles, il y a peu de programmes spécifiques pour les maladies chroniques, note le Dr Arnaud MONIER, endocrinologue et médecin du sport (hôpital de Chartres). Dans son service, les diabétiques qui bénéficient d'une «semaine d'éducation diabétique» sont incités concrètement à être plus actifs.
«On leur fait faire trois séances dans une salle de sport en leur montrant l'impact sur la glycémie, et pourquoi il est plus efficace de pratiquer trois quarts d'heure d'affilée que trois fois un quart d'heure, précise-t-il. L'enjeu est de les convaincre, c'est la différence entre éducation thérapeutique et information.» Marche, natation, vélo…

Pour ce spécialiste, il n'y a pas de sport idéal, le meilleur est celui que le patient continuera parce qu'il y prend plaisir. La difficulté est plutôt dans l'encadrement médical pour la mise en route.
«Les diabétologues ne sont souvent pas spécialisés en médecine du sport. Quant aux services de médecine du sport, ils sont de moins en moins nombreux et submergés» relève le Dr MONIER. De son côté, la fédération EPMM Sports pour tous a mis en place un programme «diabetaction», proposant des séances d'activité en groupe pendant douze semaines.


Source : www.lefigaro.fr



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