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Sport et télévision, une étude complète du CSA

Le 20/07/2011

Depuis une quinzaine d'années, la multiplication des modes de diffusion s'est traduite par une croissance de l'offre de contenus sportifs à la télévision. En mode gratuit, la multiplication des chaînes liée au déploiement de la télévision numérique terrestre a modifié les équilibres concurrentiels établis à l'heure de la diffusion analogique.
Les chaînes « historiques » continuent d'acquérir des contenus sportifs onéreux, mais dont la rentabilisation est remise en question par la fragmentation des audiences. La capacité d'investissement des nouvelles chaînes dans des droits sportifs demeure réduite. Leurs investissements sont principalement portés sur des disciplines déjà présentes sur l'antenne des chaînes « historiques », ce qui n'a pas permis de renforcer la diversité des sports en télévision gratuite.

L'offre payante de contenus sportifs, en revanche, connaît une croissance forte. La multiplication par neuf des volumes horaires de diffusion de programmes sportifs entre 1994 et 2010 est due au développement de l'offre payante. Sur les 100 000 heures de programmes sportifs diffusés en 2010, 98% ont été proposés sur des chaînes payantes. La présence de contenus sportifs constitue un des points de passage obligés pour renforcer l'attrait de la chaîne ou du bouquet. Ceci permet de mieux comprendre que près de 75% du marché des droits de diffusion de compétitions sportives soient détenus par des opérateurs de télévision payante.

Néanmoins, dans l'univers payant, la présente étude distingue deux catégories d'acteurs qui ont des problématiques spécifiques :
- les chaînes thématiques, qui parviennent, pour les services non adossés à un groupe audiovisuel « historique », à alimenter leurs grilles avec des droits peu onéreux et relativement abondants (cent-vingt huit disciplines sportives « reconnues de haut niveau » représentent cumulativement moins de 0,1% de la valeur globale du marché des droits sportifs, estimé à 1,1 Md€) ;
- les chaînes « premium », dont une part significative de la programmation porte sur la retransmission de compétitions sportives à forte attractivité. Partout en Europe, l'entrée sur le marché de chaînes concurrentes des acteurs « historiques » implique des coûts d'acquisition de droits, de développement de savoir-faire en matière de production et de marketing très importants, qui expliquent en partie les échecs constatés dans plusieurs pays européens, dont la France.

De façon globale, le principal point commun aux deux univers payant et gratuit réside dans une attention plus grande portée à l'équilibre entre le montant d'acquisition des contenus sportifs et la maîtrise des coûts de grille (du point de vue du ratio coûts/audience ou coût par abonné). Les principaux groupes audiovisuels sont ainsi tentés de se recentrer sur les compétitions les plus importantes.
La situation financière des fédérations et ligues en charge de disciplines moins médiatiques pourrait se dégrader, tant la réduction de l'exposition télévisuelle de leurs compétitions les conduirait, outre la perte des produits de vente des droits, à rendre plus difficile encore la collecte de revenus commerciaux, les soumettant de façon accrue à leur dépendance aux financements publics.

Deux enjeux semblent se dessiner dans le paysage audiovisuel français en voie de recomposition depuis le milieu des années 2000 :
- les évolutions technologiques permettant l'accroissement de l'usage des services non linéaires et le développement des téléviseurs connectés, ainsi que la possibilité pour les cessionnaires de droits d'évoluer vers l'édition de services, posent la question des modalités de distribution des contenus sportifs ;
- la concentration sur quelques disciplines sportives, observée sur les chaînes gratuites, et le développement parallèle de l'offre payante posent la question de la capacité d'accès du plus large public au meilleur du sport en télévision, dans sa double richesse qualitative et quantitative.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel émet plusieurs propositions permettant de répondre aux attentes des acteurs de la diffusion audiovisuelle de programmes sportifs, mais aussi des téléspectateurs :
- assurer une protection accrue de l'accès du plus large public aux événements
d'importance majeure ;
- mieux garantir l'exercice du droit à l'information sportive, en clarifiant ses modalités pratiques, notamment sur les services non linéaires ;
- protéger l'exposition de la diversité des disciplines sportives.


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Source : www.sport.fr ; www.csa.fr



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