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L'enjeu de demain : la jeunesse d'aujourd'hui !

Le 22/11/2012

Une récente enquête de l'IPSOS (octobre 2012) indique qu'un jeune Français sur trois de 15 à 25 ans ne fait pas de sport.

Ce constat est alarmant. Il doit nous interpeller au moment même où l'Académie de médecine va jusqu'à préconiser d'intégrer le sport à la liste des prescriptions médicales prises en charge par la sécurité sociale.
Comment espérer améliorer, demain, la santé des adultes si on ne donne pas aux jeunes le goût et l'habitude du sport ? Ce qui n'était qu'un épiphénomène il y a quelques années devient un problème de société : la sédentarité ne touche pas que les adultes, elle impacte aussi les jeunes et c'est déjà une question de santé publique.
Il en va de l'avenir et cela nous concerne tous.
Comment y apporter des réponses ou au moins des éléments de réponse ?
Par le sport à l'école bien sûr, mais l'EPS est inscrite dans les programmes et ce n'est pas qu'une question d'heures hebdomadaires.
Par le sport dans l'association sportive évidemment, à condition d'effacer quelques clichés et modifier quelques comportements.
Le message des Jeux de Londres était clair et formidablement ambitieux : « Inspirer une génération », la plus belle illustration de l'héritage issu du plus grand événement sportif imaginé par l'être humain et mis au service de la jeunesse. L'avenir dira s'il a été effectivement mis en pratique mais le seul fait d'en avoir la volonté politique est remarquable. Que ce soit au sein du pays où sont nés la plupart des sports et qui sert le plus souvent de référence pour illustrer la notion très diffuse d'éducation par le sport, qu'ait été ressenti le besoin d'inspirer une génération montre bien la gravité de la situation et ce dans tous les pays.
Est-il besoin de rappeler que le mouvement sportif français est le premier des mouvements associatifs, s'appuyant sur un réseau de 180 000 associations regroupées dans 90 fédérations sportives et animées par près de 3,5 millions de bénévoles et quelques dizaines de milliers d'éducateurs professionnels? Si plus de 17 millions de personnes sont licenciées au sein d'une fédération sportive et ont choisi de faire partie d'un club, c'est bien parce qu'elles y trouvent autre chose que la seule pratique compétitive de haut niveau à laquelle on a parfois tendance à réduire le rôle du club sportif.
Tout le monde n'est pas champion olympique, mais l'athlète d'exception fait rêver et le rêve est un moteur puissant de l'humanité. L'imaginaire renvoie au réel, faisant du sport d'élite une locomotive indispensable. Faire comprendre à un jeune qu'à travers le sport, en compétition ou en loisir, quelle que soit la discipline pratiquée, il pourra s'accomplir, se réaliser en progressant par rapport à lui-même ou par rapport aux autres, est essentiel. C'est ce qui fait que le sport est une école de vie.
Le sport ne peut certes pas représenter l'antidote absolu aux maux des sociétés modernes mais il peut aider à en diminuer la nocivité. Précisons d'abord que c'est grâce à l'action de celles et ceux qui l'animent que le sport est porteur des valeurs qui lui sont attribuées. Sans éducateurs, arbitres et dirigeants, peu ou pas de règles et donc fi du respect, de l'excellence et de l'amitié qui résultent de sa pratique.
De plus le club présente deux immenses qualités qui permettent entre autres de contribuer à la construction d'un jeune. La première est qu'en adhérant, ce dernier devient copropriétaire ; avec son statut de membre il peut de fait participer à la vie de l'association. Ce faisant il va rencontrer d'autres membres, dont la diversité sera elle aussi un apprentissage de la vie, dans son lien intergénérationnel ou dans celui qui gomme les différences car dans le vestiaire tout le monde est égal, quel que soit son niveau social, sa culture, sa religion ou ses opinions.
C'est cela qui fait dire au mouvement sportif que « mon club c'est bien plus que du sport ».
Et pourtant, à chaque rentrée scolaire, le même mouvement sportif, plébiscité par les Français comme donnant confiance et satisfaction, doit reprendre son bâton de pèlerin pour amener à lui des jeunes qui le plus souvent ne connaissent pas ce qu'il pourrait leur apporter. Il suffirait pourtant de peu de choses pour qu'il en aille différemment et sans que cela coûte cher.
Reconnaître les retombées éducatives de la pratique sportive en club devrait conduire à vaincre les dernières barrières qui séparent encore le système éducatif de l'associatif. Je rêve d'un jour où l'on aura conscience qu'il faudra bien unir toutes les forces éducatives du pays pour les mettre plus efficacement au service de sa jeunesse. Ce jour-là, les clubs pourraient ne plus être en situation de faire face à l'afflux de demandes d'adhésion générées par la promotion qui leur serait faite durant ou en marge des cours d'EPS. Cela conduirait inéluctablement à créer d'autres clubs pour assumer et renforcerait ainsi le rôle sociétal du mouvement sportif. Qui pourrait s'en plaindre ?
Jeunes, sport et éducation, mais il n'y a pas que cela. Il y a aussi le lien social, le bien être, l'intégration ou encore le développement durable, autant de secteurs où la transversalité du sport ne demande qu'à s'exprimer pour peu que l'on mise sur lui.
Alors, il va falloir oser…
Oser considérer le sport non pas comme une charge mais comme un investissement,
Oser miser sur le mouvement sportif, son réseau d'animation et sa dimension fédératrice,
Oser miser sur lui pour construire la France de demain à partir d'une jeunesse qui pour être un atout doit d'abord avoir des repères sans lesquels un homme reste à quai toute sa vie.
Oser miser sur la jeunesse, oui, sans réserve et avec enthousiasme, mais miser sur la jeunesse avec celles et ceux qui y consacrent du temps, de la passion, de l'énergie et parfois de l'amour, ce serait sans doute mieux et plus efficace.
Le sport ne pourra jamais être parfait mais ses atouts et ceux du mouvement qui l'anime sont tels qu'on peut, qu'on doit le situer parmi les secteurs sur lesquels s'appuyer pour faire des jeunes d'aujourd'hui les citoyens de demain.
L'avenir passe aussi par donner au mouvement sportif français la possibilité d'être au cœur du projet pour la jeunesse au nom de la raison du plus sport.

Denis Masseglia


Consultez l'étude Ipsos

Source : franceolympique.com



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