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Recherche animateurs désespérément ou méthodiquement

Le 17/09/2014

Le recrutement s'avère plus compliqué dans les petites communes que dans les villes, qui avaient déjà l'habitude de gérer les centres de loisirs. Prévue depuis deux ans, la réforme des rythmes scolaires devait mobiliser 300 000 animateurs et 70 000 directeurs de centres dans l'Hexagone, selon une estimation du ministère de la Jeunesse et des sports.
Alors que les parents finissent d'inscrire leurs enfants au théâtre, à la danse ou à l'aide aux devoirs, les mairies font leurs comptes. Lyon mobilise 1 600 animateurs, Le Havre en a recruté 200. A Marseille, le blocage est total.
Sous la pression de parents en colère, le recrutement de 3 500 animateurs a tout juste commencé.
Le maire Jean-Claude Gaudin va aussi mettre en place un système provisoire de garderie dans les écoles le vendredi après-midi.
A la rentrée des classes, les maires réfractaires à la réforme qui bloquaient les écoles de leur commune affirmaient qu'il était impossible de trouver des animateurs capables d'assurer seulement quelques heures d'encadrement par semaine.

Pas insurmontable



« Le recrutement n'est pas une épreuve insurmontable », tempère Philippe Laurent, vice-président de l'Association des maires de France. « Il y a des problèmes, mais ça finira par s'arranger dans l'année ». Dans sa commune de Sceaux (Hauts-de-Seine), il s'est appuyé sur des animateurs déjà titulaires et n'a pas eu besoin de recruter. Il mettra ses plans à jour fin septembre, lorsque les activités périscolaires, payantes, auront véritablement commencé.
A Paris, où les écoles appliquent la réforme depuis la rentrée 2013, la mairie affirme avoir recruté plus de 1 300 animateurs à temps partiel, grâce à un coup de pouce de la caisse d'allocations familiales. Des embauches effectuées sur le long terme : 940 d'entre eux devraient être bientôt titularisés.
La moitié des animateurs doit être titulaire d'un diplôme d'animateur (Bafa ou équivalent) pour bénéficier des aides de la caisse d'allocations familiales. Où les trouver ? A Lille, des écoles mettent à contribution les animateurs qui s'occupaient déjà des heures d'accueil du matin, du déjeuner et du soir. Au Havre, la mairie a recruté des étudiants cet été et Pôle emploi prend en charge la formation de 60 chômeurs. Dans de nombreuses communes, les maires confient le recrutement à des associations.

Peu qualifiés



En l'absence d'animateurs qualifiés, certains maires privilégient une simple garde des enfants, au lieu d'organiser les activités péri-éducatives qui étaient un des éléments clés de la réforme. Dans un certain nombre de petites communes, mais aussi à Marseille, les maires ont aussi préféré concentrer les activités périscolaires sur le vendredi après-midi.
« Je ne veux pas confier nos enfants à n'importe qui, je veux pouvoir être sûr de leur moralité », martèle Jean-Claude Roche, maire d'Authezat, dans le Puy-de-Dôme. Les 120 enfants de la petite école du village n'ont pas accès à des activités périscolaires en cette rentrée 2014. Le maire ne les organisera à la rentrée 2015 que si une solution est trouvée pour mutualiser le recrutement des animateurs au niveau de la communauté de communes.

Contrats de trois quarts d'heure



Du côté des animateurs diplômés, la colère gronde. Hamid Chebout (CGT) assure que « certaines communes ne proposent des contrats que pour trois quarts d'heure ou une heure d'animation en fin d'après-midi. Les animateurs qui avaient plusieurs employeurs ne peuvent plus jongler entre les postes et ont perdu du temps de travail ».
Patrice Weisheimer, du syndicat d'animateurs UNSA, met les maires et les parents en garde face au faible niveau de qualification de nombreux animateurs. Il calcule qu'il « va falloir 2-3 ans avant de constituer une vraie offre d'animateurs qualifiés ».


Source : La Gazette



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