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Rythmes scolaires : 2 millions de surcoût par grande ville

Le 26/11/2014

La bataille des rythmes scolaires n'est pas terminée. Selon une enquête que se sont procurés « Les Echos » (voir document ci-dessous) et qui porte sur 22 grandes villes adhérentes à l'Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), la moyenne du surcoût de la réforme se monte à 2 millions d'euros par an. Une somme qui, selon l'association, reste à charge des villes, après versement des aides de l'Etat, prestations de la Caisse d'allocations familiales (CAF) et participation des parents dans certains cas.

Si l'aide de l'Etat n'est pas pérennisée, toutes les activités périscolaires deviendront payantes, prévient l'AMGVF. Une façon de prendre au mot Manuel Valls qui, le 28 octobre , devant le Sénat, avait à la fois reconduit l'aide aux communes - qui devait initialement n'être réservée qu'aux plus pauvres - et lancé un appel aux élus. « Je reste à la disposition des maires de France pour avancer sur la question des finances locales et du financement de la réforme des rythmes scolaires », avait affirmé le Premier ministre. Le gouvernement a promis des discussions sur la dotation globale de fonctionnement pour 2015 qui pourraient être l'occasion de rendre permanent le financement par l'Etat de la réforme des rythmes. « On essaiera d'introduire le financement de la réforme des rythmes dans les discussions, mais on n'a aucune certitude », confie aux « Echos » le président de l'AMGVF et maire UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

Nouvel outil informatique


Les facteurs de mécontentement ne sont pas que budgétaires, ajoute-t-il. Les procédures de gestion des aides font, selon l'enquête, 52 % de non-satisfaits. « Les maires sont contraints de mettre en œuvre un nouvel outil informatique dans les écoles, et donc d'y former des agents. Ce qui crée complications et dépenses supplémentaires », déplore Jean-Luc Moudenc. Quant à la mise en place des taux d'encadrement assouplis, censés être moins coûteux, elle fait débat. Certains élus voudraient que la mesure ne soit pas transitoire, tandis que d'autres mettent en avant le risque « d'une moindre qualité des animations et la question de la sécurité des enfants ». Le recrutement d'animateurs diplômés en nombre suffisant, « le manque de locaux » ou « le mécontentement de familles confrontées aux modifications de leur quotidien » sont, selon l'enquête, d'autres difficultés avancées.

Des propos à mille lieues de ceux de la ministre de l'Education nationale. Sans nier la « contrainte forte » de la réforme pour les communes, Najat Vallaud-Belkacem affirmait le mois dernier : « Toutes les communes qui sont passées aux nouveaux rythmes dès 2013 (...) nous disent la satisfaction des enfants, des parents, des personnels, et même des collectivités locales ». La bataille des rythmes a encore de l'avenir...





Source : Les Echos



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