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Pierre MARINÉ : "L'institution d'abord"

Le 15/12/2016

Se considérant comme un frein à la fusion des CROS Provence-Alpes et Côte d'Azur, Pierre MARINÉ prend du recul.


Il répète souvent qu'il est "né au Smuc". Ancien professeur d'éducation physique («Agrégé de cabrioles», comme il se définit lui-même), Pierre MARINÉ a voué sa vie au sport. Professionnellement d'abord, puisqu'il a commencé sa carrière au Lycée Nord pour la terminer à la Direction Régionale de l'Union Nationale du Sport Scolaire. Par passion aussi : deux fois Champion de France de Handball comme joueur (1965 et 1967) avec son club de toujours, il a ensuite endossé les costumes d'entraîneur, puis de président de section où il a remporté un autre titre national (1984). Il a poursuivi ensuite son parcours de dirigeant notamment à la Ligue de Handball, qu'il a représentée de 2001 à 2008. Président du Comité Régional Olympique et Sportif Provence-Alpes depuis 12 ans, il a décidé, à 77 ans, de démissionner de sa fonction le 6 Décembre dernier. «J'ai pris cette décision pour que la fusion des deux CROS de notre région réussisse (…). J'ai le sentiment que ma présence peut être un frein pour sa réalisation ou un mauvais prétexte contre», a-t-il justifié dans un courrier envoyé aux Ligues. Il a reçu La Provence pour expliquer son choix. mmmmm
Pierre MARINÉ a cédé sa place à Hervé LIBERMAN qu'il considère comme "l'homme du consensus"

Comment définiriez-vous les missions du Comité Régional Olympique et Sportif ?
Nous représentons le mouvement sportif, qui est le premier mouvement associatif de France, auprès des pouvoirs publics. Nous avons aussi une mission d'accompagnement des Ligues pour leur développement, par le biais de formations des dirigeants et des salariés.

Vous avez dédié votre vie à servir le sport. La décision de démissionner de la présidence du CROS Provence-Alpes a-t-elle été un crève-cœur ?
Non, dans la mesure où c'est pour le bien de l'institution. J'ai toujours évolué dans les sports d'équipe où chacun peut apporter sa contribution au jeu. J'ai eu la chance d'avoir à mes côtés une bonne équipe et les projets que nous avons menés, nous les avons menés ensemble. On a maintenant, par exemple, un siège à Cabriès qui est un outil extraordinaire. Aujourd'hui je passe la main à Hervé LIBERMAN, qui est plus jeune que moi et qui m'accompagne depuis plusieurs années. C'est à lui d'être le chef de file pour réaliser enfin ce CROS Provence Alpes Côte d'Azur que j'appelle de mes vœux.

Vous estimez être un "frein" pour la fusion des CROS Provence-Alpes et Côte d'Azur, mais qu'est-ce qu'Hervé LIBERMAN a de plus que vous pour mener à bien cette mission ?
Je pense qu'il est moins imprégné que moi par cette ardeur à réaliser cette fusion, il est plus tempéré. Il va le faire peut-être plus objectivement que moi. Je suis trop passionné. J'ai mon caractère, et lorsque j'étais joueur on me surnommait «Pierrot le fou». Ça m'a parfois joué des tours. Il sera plus l'homme du consensus pour que chacun trouve sa place dans l'intérêt général du sport sur le territoire. mmmmm
Hervé LIBERMAN vous accompagne depuis plusieurs années. N'êtes-vous pas un peu son «papa sportif» ?
Lui me considère comme tel mais je n'aime pas trop ça. J'ai succédé à un grand dirigeant, Christian CHALVIDAN, en faisant du Pierre MARINÉ et ça a plutôt réussi. Lui fera du Hervé LIBERMAN. Il en a toutes les qualités. Il m'a demandé de rester à ses côtés mais à un moment donné, il faudra que je parte. Quand la fusion sera réalisée, c'est l'affaire d'un an, je partirai. Je serai peut-être président d'honneur. Attention, pas donneur parce que j'ai assez donné ! (rires).

Quelle sera alors votre vie ?
Je vais garder quelques activités. Je reste au Conseil Économique, Social et Environnemental où je suis membre du comité exécutif dans lequel je porte la voix du sport. Je suis également Président du Centre de Formation et d'Apprentissage des métiers du sport en PACA. En tout cas, je ne serai pas à la pêche, ni à la chasse.

Que pensez-vous du concept de capitale européenne du sport ?
Certains me disent : «Toi qui es marseillais, tu ne vas pas soutenir ce truc alors qu'on manque d'installations sportives ?» Je leur réponds : «Mais quand va-t-on arrêter de pleurer ? Ce label, c'est peut-être une opportunité : pendant un an, on va parler de sport sur Marseille-Provence et ça valorisera le sport associatif. Je suis peut-être utopiste, mais le jour où on n'a plus de rêve, on peut mourir. Je ne suis pas un béni-oui-oui, mais je ne suis pas non plus un négatif. Je ne regrette rien de ce que j'ai vécu : le sport m'a rendu heureux. Tant que je peux lui apporter quelque chose, je le ferai. Mais je ne serai plus en première ligne…



Propos recueillis par Eric BRETON et publiés dans La Provence du 14 décembre 2016




Source : La Provence



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