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Premier "Forum du sport en entreprise" à Miramas : le CROS dans la dynamique du Sport en entreprise






Quelque 200 personnes, au rang desquels les athlètes Muriel Hurtis et Christine Aron, ont participé à cette première qui en appelle d'autres. Frédéric Vigouroux, le maire de Miramas, qui fait du sport un levier de développement de sa commune, ouvre le débat. Il explique : « Miramas est extrêmement pauvre, très dense et très jeune avec d'énormes problèmes de chômage, de formation. Raisons qui font que nous travaillons sur le développement économique de notre commune ». A cet effet une salle indoor, apte à recevoir les plus grandes compétitions, est sortie de terre, elle est accompagnée d'un campus des métiers du sport, d'une zone d'activités, d'une clinique du sport... « Il s'agit de créer un cercle vertueux unissant attractivité économique, emploi et de favoriser le sport bien-être pour tous ». François Bernardini, président du Conseil de Territoire Istres Ouest Provence ajoute : « Sur notre territoire le sport a une valeur qui prend sa source dans la culture que nous voulons donner à la jeunesse ». Pour lui : « La vie est une compétition, le sport donne le moteur nécessaire pour l'affronter ». Muriel Hurtis, ambassadrice des valeurs du sport au Crédit Agricole va dans le même sens : « Je suis une ancienne sportive, le sport m'a donné des valeurs. Mon rôle est aujourd'hui de les insuffler au sein du Crédit Agricole. J'ai par ailleurs conduit un rapport sur, comment mener le plus grand nombre à la pratique sportive ? Il propose de mettre autour d'une table les associations, les mondes économique, politique, médical et, de promouvoir des projets de proximité car les besoins et les possibilités ne sont pas les mêmes en fonction des territoires ». Il observe : « On parle de budget, de coûts, mais en mutualisant on fait des économies et la pratique du sport ce sont des économies en matière de santé, c'est une école de vie, un outil de lutte contre les discriminations, c'est la mixité. Et, la pratique du sport au sein de l'entreprise favorise une meilleure ambiance, une plus grande efficacité ». Philippe Auroy, le président de la ligue Paca de la FFSE (Fédération Française du Sport d'Entreprise) avance quelques chiffres qui donnent tout leur poids aux propos précédents et à ce premier forum : « Quand les salariés pratiquent le sport, les études montrent qu'ils gagnent trois ans de vie supplémentaires. Le sport retarde également de 6 ans l'âge de la dépendance. Et, concernant l'entreprise, un salarié qui pratique du sport est 9% plus productif que celui qui n'en pratique pas ». Fort de cela, il indique que sa fédération entend aider les entreprises à favoriser la pratique du sport, précisant : « Pas seulement les groupes mais aussi les PME, les zones d'activités ». Pierre Distinguin, membre du comité directeur FFSE ligue Paca, président de PSL (Provence Sport & Lifestyle) et fondateur de Pulp Accelerator apporte un autre élément : « Aujourd'hui la possibilité de pratiquer du sport dans et hors l'entreprise est un facteur d'attractivité pour attirer des talents. Alors le salarié, l'entreprise, le territoire gagnent avec le sport, n'attendons pas tout du gouvernement, agissons ».


« Une étude révélatrice de la problématique du sport en entreprise »



La première table-ronde porte sur « Une étude révélatrice de la problématique du sport en entreprise ». Elle a pour modérateur : Gérard Baracska, secrétaire général de la FFSE, ligue Paca et réunit Muriel Hurtis, René Fano, président de CapSport, Hervé Liberman, président du Cros (Comité régional olympique et sportif) région Sud, Jean Daniel Beurnier, vice-président de la CCIMP et PDG d'Avenir Telecom, Thierry Zarka, président de l'UPE 13 Etang-de-Berre. René Fano raconte que l'idée de Cap Sport vient de Frédéric Vigouroux, inquiet de voir le tissu associatif sportif se déliter à la suite de la fin des Contrats aidés et de la réduction des soutiens de l'État et des collectivités, il importait que les associations sportives réinventent leur modèle économique. Et de plaider en faveur d'une approche territoriale et managériale. A son tour Hervé Liberman insiste sur l'importance de favoriser la pénétration du sport au sein de l'entreprise : « Les grandes ne nous ont pas attendus en revanche dans les TPE-PME les chefs d'entreprise sont à 90% persuadés que le sport peut réduire les arrêts de travail, développer la productivité mais ne savent pas comment faire. Nous avons des idées pour faire évoluer la question, notamment une sorte de bibliobus sportif qui permettrait de venir à proximité de l'entreprise. » Pour Jean-Daniel Beurnier, il importe de mesurer le poids économique du sport sur la Métropole Aix-Marseille Provence : « Le secteur pèse 1,5 Md€ et 10 500 emplois directs répartis dans 3 000 structures » et il n'entend pas se satisfaire de cela, indique que la CCI s'implique dans l'accueil de manifestations d'ampleur et la réalisation de grands équipements.


Seulement 18% des entreprises proposent des activités physiques et sportives



Thierry Zarka s'appuie sur une étude réalisée en 2017 qui montre que 87% des chefs d'entreprise disent avoir entendu parler des effets positifs du sport, un pourcentage qui monte à 97% dans les grandes entreprises. Mais seulement 18% des entreprises proposent des activités physiques et sportives. Alors, si 82% des entreprises de plus de 250 salariés proposent des activités sportives celles de 50 à 250 salariés ne sont plus que 25% à faire de même et 16% celles de 0 à 50 salariés. Il met en exergue les freins au développement de la pratique sportive : « Des locaux non adaptés (34%), l'absence de ressources humaines (19%), le contexte économique ou social (16%) ». Selon Thierry Zarka, pour remédier à cette situation « il importe de mieux informer, accompagner les chefs d'entreprise, répondre aux questions réglementaires et logistiques. L'enjeu est là car le sport c'est l'école de la ténacité ».


La deuxième table ronde a pour thème « Sport en entreprise en Provence : où en sommes-nous vraiment ? ». Le modérateur est Jean Louis Moro, président du Smuc et elle réunit Sylvain Coulange, directeur des partenariats, groupe Sodexo, Jean-Philippe Nalbandian, délégué régional Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail) et Sébastien Rimetz, spécialiste de la qualité de vie au travail et Christophe Trabuc, Les Mills. Jean-Philippe Nalbandian considère que la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) doit permettre de favoriser le sport en entreprise dans ses dimensions santé publique et santé au travail. Sébastien Rimetz note qu'une offre se déploie, que les initiatives privées se multiplient car « des chefs d'entreprise mesurent que le sport est un outil au service de leur stratégie d'entreprise ». C'est bien là le propos de Sylvain Coulange : « Le sport doit être recadré dans la stratégie globale de l'entreprise », alors, « il permet de conserver ses bons collaborateurs et la pratique du sport permet de créer du lien et de s'épanouir ». Reste que Christophe Trabuc note que « le fitness est le sport le plus pratiqué au monde avec une pratique qui évolue en France. Mais, alors que mes collègues Allemands ou Hollandais travaillent beaucoup avec des entreprises force est de constater que tel n'est pas le cas en France ».




Pendant longtemps les entreprises ont regardé les sportifs comme des dilettantes...



L'enjeu est pourtant d'importance si, comme le laisse entendre la troisième table ronde « L'entreprise de demain sera sportive ou ne sera pas ». Elle a pour modérateur : Pierre Distinguin et réunit : Joseph Mahmoud, médaillé d'argent JO Los Angeles 1984 (3 000 m steeple) ; Muriel Hurtis, Christine Arron, Guy Puech, président d'Altersis et de Sport& Business Club, et cofondateur du club d'entrepreneurs Beleza ; Alexandra Gomez, Biotech Dental Group ; Michela Frattini, directrice du centre McArthurGlen Provence (Village des Marques) ; Thierry Blanc, président de l'Andiiss Sud-Est (Association nationale des directeurs d'installations et des services des sports) et Gérard Baracska, secrétaire général de la ligue Paca de la FFSE (Fédération Française du Sport d'Entreprise). Pour Michela Frattini c'est déjà demain au Village des Marques avec une action du groupe sur le bien-être au travail et, il y a 4 ans, la possibilité offerte aux salariés de se voir rembourser 350€ sur des dépenses liées au sport. « Et nous tissons des liens avec les salles de sports qui sont à proximité du Village en essayant d'avoir des tarifs réduits. Et, comme nous avons des boutiques de sport, elles nous font bénéficier d'initiations gratuites. Et, comme le bien-être concerne tout le monde nous avons mis des corbeilles de fruits à disposition des clients », décrit-elle. Pour Guy Puech, ancien judoka, le sport est aussi une valeur au cœur de son entreprise et tout particulièrement celle du judo : « Je suis un sportif, j'ai mis en avant les notions de respect, fierté, honnêteté, cohésion et engagement et j'essaie de rendre au sport tout ce qu'il m'a donné mais attention, un chef d'entreprise est là avant tout pour développer son entreprise, le sport est la cerise sur le gâteau ». « Nous avons de nombreux sportifs dans l'entreprise » fruit d'un effet boule de neige, le message passant dans le monde sportif, indique pour sa part Alexandra Gomez qui précise que la dimension de sport bien-être est une composante de l'ADN de la société. « Et, si j'omets d'en parler, un collaborateur ne manque pas de l'évoquer », précise-t-elle. Christine Arron a monté une société de coaching en entreprise, elle est également en charge de la mission Athlé Santé Loisir en entreprise au sein de la Fédération Française d'Athlétisme : « Quand j'ai arrêté ma carrière le choc a été rude car il n'y avait plus les échéances des grandes compétitions. C'est en pensant à ma santé que je me suis remise au sport avec une toute autre approche. Celle que je mets en œuvre dans mes séances de coaching en entreprise et qui s'adresse à monsieur et madame tout le monde. Je travaille sur du renforcement, sur la posture ». « J'aimerais impulsé, ajoute-t-elle, le fait que le sport en entreprise ne soit pas qu'un effet de mode mais un mode de vie ». Elle signale à ce propos qu'elle travaille à la réalisation d'une Charte. Joseph Mahmoud, médaille d'argent aux Jeux olympiques d'été de 1984, parle d'un autre temps où la vie était encore plus complexe qu'aujourd'hui pour les athlètes : « Heureusement, j'ai eu la chance de rencontrer Laurens Deleuil, le maire visionnaire de Marignane, qui avait compris que recruter des sportifs de haut niveau faisait plus pour l'image de sa ville que des campagnes de communication. Et en plus cela coûtait moins cher. De plus, le personnel municipal faisait du sport sur son temps de travail ». « Si j'ai pu faire ma carrière c'est grâce à ce système », assure-t-il. Et de se réjouir que la situation évolue : « Pendant longtemps les entreprises ont regardé les sportifs comme des dilettantes, aujourd'hui elles les voient comme des motivateurs. De plus, les notions de sport santé et de sport bien-être sont apparues et renforcent ce mouvement en faveur du sport ». Pour Gérard Baracska, il y a encore beaucoup à faire pour développer le sport en entreprise même si un climat existe. Il importe de transformer l'essai, pour cela il appelle au soutien de toutes les fédérations pour le développer et soumet l'idée d'une défiscalisation des investissements liés au sport.


Source : http://destimed.fr ; Michel CAIRE



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